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Une méthode dangereuse et les Impatients

7 février 2012 | Récemment, j'ai vu un film intitulé Une méthode dangereuse, film canadien de David Cronenberg. Ce long métrage traite de la relation entre Carl Jung, Sigmund Freud et une patiente, un trio qui s'analyse et où on ne peut s'empêcher de voir le thème de l'inceste chez la patiente « hystérique ». Comment dire… Tout ce beau monde s'analyse, je dis «beau monde», car vous vous doutez bien qu'il ne s'agit pas de la plèbe : ici on est au début du vingtième siècle. Il n’y a que Freud qui fait figure de parent pauvre avec ses nombreux enfants et son petit appartement.

 

Freud refuse de dévoiler l'un de ses rêves à Jung lors d'un voyage en Amérique, ce qui précipitera la rupture entre les deux psys. Jung développe une relation masochiste avec sa patiente, lui qui décide de ne plus réfréner sa sexualité pour ne pas devenir malade. Vous avouerez avec moi qu'il est difficile d'analyser un film qui traite de l'analyse, de ne pas s'y transposer ici dans ce texte, de peur d'y révéler, moi aussi, des choses douloureuses. Je voulais écrire «inavouable», mais c'est plutôt que je ne suis pas prêt à les avouer. Une sorte de refoulement de l'inconscient, comme celui de Jung qui en prend connaissance avec un disciple de Freud.

Début vingtième siècle, les hommes de l'art entretenaient des relations épistolaires soutenues qui n'ont rien à voir avec les courts messages texte d'aujourd'hui. Je crois qu'ils éclaircissaient les choses dans l'abondante correspondance qu'ils entretenaient, c'est à se demander s’ils n'en disaient pas plus dans leurs correspondances qu'en consultation.

Dans le même ordre d’idées, je me suis rendu à la galerie Loto-Québec, rue Sherbrooke, pour voir l'exposition en l'honneur des Impatients qui fêtent leurs 20 ans. La galerie présente gratuitement des œuvres de leur collection choisies par des personnalités et associées à des œuvres des Impatients. J'ai remarqué une chose dans cette exposition : on ne parle plus d'art brut ni d'art cru. Je crois que c'est bon signe, les impatients prennent la place qui leur appartient comme artistes. L'exposition aurait mérité une plus grande salle, mais ce sont les limites de cette galerie. De plus, la qualité et le nombre d'œuvres donnent une lourdeur à l'exposition.

Je veux vous mentionner que je ne suis pas étudiant ni critique d'art, mais j'ai de la difficulté à recevoir le discours des «vrais» artistes. Ce sont des œuvres qui demandent une réflexion qui va au-delà du côté ludique qui a peut-être été utilisé pour les créer. Dans une des vidéos présentées, j'ai beaucoup apprécié le mot d'Édouard Lachapelle, historien de l'art, qui dit simplement qu’il s’agit d’une activité.
Je me répète peut-être, mais dans mes futures chroniques, je ne m'en tiendrai pas seulement aux œuvres créées par des artistes «malades». J'élargirai mon point de vue et essayerai de vous donner le désir de voir, d'entendre, de ressentir, par, avec et face à des œuvres.

Exposition Les Impatients et la collection Loto-Québec
Jusqu'au 20 mai 2012

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