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Réponses aux mythes sur l'isolement et la contention en milieu psychiatrique

Trois mythes sur l'isolement et sur la contention ont été présentés au tournois de golf organisée par la Fondation de Louis-H. Lafontaine le 20 août 2012.

Voici la version longue des réponses à ces différents mythes :

1. La chambre d’isolement et la contention sont les seuls moyens utilisés pour réduire l'agressivité  d’un patient.

Réponse :   Faux.  

Il y a d’autres moyens pour aider le patient à reprendre le contrôle de ses  comportements. Le premier est certainement de rechercher les causes du comportement. Il est possible que ces causes soient inconnues lorsque la maladie du patient est aiguë. Il est possible aussi que des frustrations, des  incompréhensions, des interprétations ne soient pas clarifiées et mènent à une exacerbation des comportements agressifs. C’est pourquoi il est important de privilégier des interventions qui favorisent le dialogue entre soignants et patients tels l’écoute active et la relation d’aide.  Les accommodements pour répondre aux besoins du patient et prévenir les comportements agressifs, lorsqu’ils sont possibles sont également à rechercher, tels que la relaxation, la diminution de stimuli ou le retrait dans un endroit plus calme.
 

2. Il est impossible de prédire le comportement agressif d’un patient.

Réponse : Faux.


Il est possible de prédire partiellement le comportement agressif d’un patient  ou le risque de violence par l’observation de certains signes précurseurs à l’agression (par exemple : l’irritabilité, l’impulsivité, l’attitude négative, la sensibilité à la provocation perçue, l’agression verbale). Plusieurs échelles d’évaluation du risque ont été développées, validées  et sont utilisées dans le monde.  Parmi ces échelles, la DASA fr. est un outil d’évaluation  du risque de comportements agressifs à court terme (24h) qui tente de détecter de manière précoce ces différents signes. Elle a été développée pour soutenir le jugement clinique des  équipes soignantes, pour prévenir les incidents, pour intervenir précocement et pour éviter ultimement l’utilisation des mesures de contrôle sur un patient.

3. La camisole de force et la salle capitonnée sont régulièrement utilisées sur les unités de psychiatrie.

Réponse : Faux.


L’utilisation de la camisole de force où des patients souffrant se voyaient privés de tous mouvements fait maintenant partie du folklore de la psychiatrie, d’une époque maintenant révolue. Une meilleure compréhension de la maladie mentale et des souffrances psychiques qui l’accompagne, la découverte de médicaments qui aident à régulariser les substances chimiques du cerveau ont contribué à des soins centrés sur les besoins du patient.  Aujourd’hui, la contention consiste à immobiliser temporairement le patient à l'aide de sangles aux mains, aux pieds et au torse. La contention est un moyen de dernier recours et, lorsqu’elle est appliquée pour protéger le patient, elle doit être la moins contraignantes possible et s’appliquer uniquement pour une courte période.