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La vérité sur les tics

Les énoncés qui suivent décrivent certaines perceptions que les gens peuvent avoir au sujet des tics.

Approfondissez vos connaissances sur les tics en parcourant les énoncés.

Les explications proposées sont issues du modèle cognitif et psychophysiologique des tics élaboré par le Dr O'Connor, psychologue.

1 - Les tics sont des réflexes involontaires sur lesquels je n'ai pas de contrôle Les tics sont habituellement considérés comme étant semi-volontaires.
En effet, les gens ont un certain contrôle sur leurs tics; la plupart du temps, ils peuvent y résister ou les retarder. Certaines personnes peuvent contrôler leurs tics à travers un contrôle mental et une attitude calme.
2 - Les tics sont entièrement causés par des mécanismes neurologiques Bien qu'il n'y ait aucune preuve à l'effet qu'un déficit neurologique soit en cause, les gens qui ont des tics ont un cerveau plus activé, ce qui se traduit par une augmentation des réflexes actifs et de l'activité cérébrale chimique. Cependant cette suractivation est réversible par une thérapie comportementale ou pharmacologique.
3 - Le déclenchement de mon tic n'est pas relié à mon état d'esprit ou ce quoi je pense Les tics sont situationnels et semblent le plus souvent se produire lorsque la personne est ennuyée ou frustrée. Souvent, notre façon de penser ou d'anticiper peut engendrer un tic.
4 - Les tics sont un problème très rare Autrefois, le Syndrome de la Tourette était considéré très rare ( 0.1% de la population). Aujourd'hui, on estime la prévalence de du SGT à 1% de la population, celle du trouble des tics à 8% et les désordres d'habitude à 20% de la population.
5 - Les gens qui ont des tics ont des problèmes psychiatriques

Le désordre des tics est classé parmi les troubles d'impulsions, mais il n'y a pas de preuve de lien direct avec d'autres troubles psychiatriques tels que la schizophrénie, la dépression ou l'anxiété. Quelques fois, les gens qui ont des tics ont aussi d'autres troubles, mais cette comorbidité est indépendante des tics. Les enfants, par exemple, souffrent souvent d'hyperactivité.

 

6 - Si j'ai des tics, c'est donc que je me comporte mal

Malgré que les tics soient classés parmi les troubles d'impulsions, cela ne signifie pas que la personne soit impulsive au sens courant du terme. Ce n'est qu'une catégorie générale de diagnostics qui inclue des habitudes telles que s'arracher les cheveux ou se ronger les ongles.

 

7 - Les gens me jugent négativement lorsqu'ils voient mon tic Les adultes s'habitueront généralement à quelqu'un qui a des tics. Particulièrement si la personne évolue dans un environnement soutenant, les gens accepteront les tics comme une partie familière de la personne. Évidemment, si le tic dérange directement les autres (ex.: bruit fort), cela pourrait continuer à provoquer l'irritation. Les gens qui ont des tics tendent malgré tout à souffrir d'une mauvaise image de soi et sont préoccupés par leur apparence. Paradoxalement, les stratégies employées pour cacher ou déguiser un tic attirent quelques fois plus l'attention que le tic lui-même puisque ces stratégies peuvent paraître bizarres.
8 - Les gens qui ont des tics se contrôlent moins bien que la moyenne des gens Les tics semblent être incontrôlables surtout quand ils apparaissent en série, mais il n'y a aucune preuve à l'effet que les gens qui ont des tics sont moins en contrôle que d'autres personnes à d'autres égards. En effet, les tics tendent à atteindre un sommet dans des situations très spécifiques alors que le reste du temps, la personne est en contrôle.
9 - Il n'y a pas de traitement pour les tics

Les tics se résorbent occasionnellement de façon spontanée surtout chez les enfants, mais rarement chez les adultes. Leur intensité et leur fréquence peuvent par contre fluctuer. La thérapie cognitivo-comportementale et la médication ont montré un certain degré d'efficacité dans la diminution du problème.

 

10 - Les gens qui ont des tics sont moins intelligents Il n'y a aucune preuve à l'effet que les gens qui ont des tics sont moins intelligents ou moins éduqués que les gens qui présentent d'autres problèmes. En effet, la plupart des gens qui ont des tics fonctionnent bien dans la vie quotidienne et mènent une vie normale.
11 - Les tics sont des habitudes apprises Il y a des preuves considérables démontrant que certains tics spécifiques, tout en ayant l'apparence d'un réflexe, sont des habitudes apprises qui se développent durant l'enfance et l'adolescence. Ces tics sont semblables à d'autres désordres d'habitudes tels que s'arracher les cheveux, s'arracher la peau ou se ronger les ongles, qui s'acquièrent aussi durant l'enfance.
12 - Les tics relâchent la tension La tensions musculaire, particulièrement dans les régions impliquées dans un tic, est un problème commun chez les gens qui ont des tics. Produire un tic semble soulager temporairement cette tension, mais, malheureusement, ce cycle de tension-soulagement accroît la tension chronique au bout du compte.
13 - Les tics sont causés par le stress Les tics ne sont pas causés par le stress. En effet, un stress dirigé (ex: attention soutenue) peut réduire les tics. Il existe des preuves à l'effet que les tics se situent sur un continuum avec les habitudes complexes telles que s'arracher les cheveux, se ronger les ongles ou s'arracher la peau. De telles habitudes ont des caractéristiques en commun avec les tics et peuvent s'aggraver quand l'humeur est moins bonne, mais elles ne sont pas causées par le stress.
14 - Les gens qui ont des tics sont plus nerveux que les autres Les gens qui ont des tics ne sont pas plus nerveux que la normale, malgré l'étiquette de "tics nerveux". Il n'y a aucune preuve à l'effet que les gens qui ont des tics souffrent davantage d'anxiété. Les tics ne sont pas équivalents aux compulsions ou aux obsessions.
15 - Les gens qui ont des tics sont plus agressifs que les autres Les tics sont parfois reliés à la frustration puisque les gens deviennent frustrés par leurs tics. Chez les enfants qui ont une forme sévère du trouble des tics, le Syndrome de la Tourette, cette frustration est quelques fois associée à des crises de rage. La psychanalyse entretenait autrefois un mythe selon lequel les tics seraient la manifestation d'une hostilité réprimée. Cette explication n'est plus considérée valide ou approprié au traitement.
16 - Les tics vocaux (produire des bruits involontaires) ne sont pas de même nature que les tics musculaires Les tics vocaux sont aussi produits par la tension. Les réflexes vocaux autant que moteurs relâchent la tension. Les tics vocaux ressemblent aux tics musculaires et se traitent de la même façon.
17 - Mes tics se produisent en tout temps Vos tics peuvent sembler se produire en tout temps, particulièrement si vous y fixez toute votre attention. La fréquence des tics peut varier de quelques-uns à plusieurs centaines par jour, mais, la plupart du temps, il y a un modèle qui les fait paraître pires à certains moments et mieux à d'autres moments de la journée.
18 - La seule façon de gérer les tics est d'y résister, de les retarder ou de les déguiser

Vous pensez peut-être qu'en réprimant vos tics, vous vous aidez. Toutefois, vous ne faites que renforcer l'évitement alors que la tension musculaire augmente. C'est cette tension qui est susceptible de provoquer les tics.

 

19 - Mes tics sont la conséquence d'un dysfonctionnement cérébral Il n'y a aucune preuve à l'effet que les gens qui ont des tics traitent l'information de façon différente ou que leur cerveau fonctionne différemment. Cependant, ils peuvent avoir de la difficulté à planifier des actions de façon optimale à cause de leur désir de faire beaucoup de choses en même temps.
20 - La relaxation aide à contrôler mes tics Vrai. L'un des objectifs principaux de notre programme est de gérer l'activation motrice globale et apprendre la relaxation est une partie de l'intervention qui vise à diminuer cette activation.
21 - Si on retient un tic et y résiste, il ne fera que ressortir plus tard sous une autre forme puisque la tension monte Il n'y a aucune preuve à l'effet que les tics fonctionnent comme un système de pression hydraulique qui doit évacuer la pression. Si l'envie de produire des tics persiste, c'est parce que le niveau de tension globale demeure élevé (la tension n'a pas été libérée) : ainsi, l'activation générale qui produit les tics est maintenue. Apprendre à contrôler et régulariser le haut niveau d'activation permettra d'éliminer naturellement le besoin de produire des tics.
22 - Mes tics sont le résultat de mon style de vie tendu

Les activités de la vie quotidienne augmentent le niveau de tension, surtout quand on met plus ou trop d'efforts à les accomplir.

 

23 - Les tics peuvent être provoqués par le fait de les anticiper ou d'y porter attention Il existe des preuves à l'effet qu'anticiper un tic peut favoriser le déclenchement des tics. Cela peut s'expliquer par le fait que la personne se prépare au tic et y réagit prématurément, créant une tension.
24 - Prévenir mes tics vaut mieux que les contrôler Donner libre cours aux actions, pensées et émotions peut réduire la tension et la suractivation, et donc prévenir le tic. À l'inverse, essayer de combattre ou d'inverser un tic peut causer plus de tension.
25 - La médication est la seule façon de contrôler un tic Les neuroleptiques et les relaxants musculaires contribuent à réduire la fréquence et l'intensité des tics, mais jamais totalement. Ils agissent probablement sur des circuits neurochimiques impliqués dans l'activation motrice. Les exercices comportementaux offrent une bonne alternative au contrôle de l'activation.
26 - Les tics ne peuvent pas être contrôlés, seulement retardés Il est possible de prévenir complètement la production des tics en contrôlant le niveau central d'activation. Retarder un tic n'est pas une stratégie recommandée puisque la source du problème demeure ainsi que l'envie de déclencher un tic.
27 - Mon tic empirera avec le temps Les tics fluctuent avec le temps, mais s'ils ne sont pas traités, ils ne disparaîtront jamais complètement et pourront en effet empirer ou s'étendre à d'autres parties du corps à différents moments de la vie.
28 - Si j'élimine ce tic, il sera seulement remplacé par un autre tic à un autre endroit Réduire le niveau global d'activation et de tension préviendra la substitution des tics. En remplaçant un tic par un autre, on ne règle pas la source du problème.
29 - Les tics sont similaires à la maladie de Parkinson et à la Chorée de Huntingdon Il n'y a aucune preuve à l'effet que les structures cérébrales qui sont déficientes dans les troubles neurologiques sont les mêmes qui sont affectées dans le trouble des tics. Ces troubles impliquent tous des changements dans les mécanismes cérébraux, mais de façon différente. Les tics ne mèneront pas à un trouble moteur ou cérébral plus grave.
30 - Une approche comportementale peut m'aider à contrôler mes tics Les preuves provenant d'études à petite échelle s'accumulent à l'effet qu'un programme comportemental peut aider à contrôler les tics. Dans une étude récente, 60% des gens ayant des tics ont obtenu des résultats positifs suite à un programme de 12 semaines, même après un suivi de 2 ans. L'approche comportementale est différente des autres approches psychanalytiques parce qu'elle met l'emphase sur la gestion du comportement ici et maintenant, sans creuser le passé.