Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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La mémoire des édifices: destinées hors du commun

Nous poursuivons notre voyage sur les pas de personnages illustres qui ont tant donné à l’Institut, léguant jusqu’à leur nom aux bâtisses...

Alors qu’un incendie rase quatre salles à l’automne 1935, des travaux ont déjà commencé pour construire de nouveaux pavillons et répondre aux besoins grandissants de l’hospice. Après le pavillon Bourget, inauguré en 1928, deux pavillons jumeaux de cinq étages, en forme de trident, sont érigés sur le site.

Le premier, baptisé Notre-Dame des-Sept-Douleurs, est construit en 1934. C’est le plus prestigieux des deux, car il se destine à la chapelle, à la cuisine générale et à une école qui accueille, telle «une ruche bourdonnante», environ trois cents enfants. Ce n’est qu’en 1974 que l’édifice prend le nom de Cloutier, à la mémoire de Dre Solange Cloutier (1927-1973). Dre Cloutier pratique comme médecin omnipraticien à Saint-Jean-de-Dieu de 1966 à 1973. Elle est aussi

La chapelle du pavillon Cloutier avant sa conversion en gymnase.

responsable du Service des foyers affiliés, un mouvement initié dans les années 60, précurseur de l’intégration sociale.

Dre Cloutier participe à la mise sur pied et à l’essor de 46 foyers affiliés, veillant au traitement de 500 malades en dehors des murs, en collaboration avec les psychiatres. Elle donne l’impulsion à cette oeuvre qui continuera à se développer. Solange Cloutier perd la vie le 5 mars 1973 dans un accident d’autocar lors d’un voyage au Mali, laissant son mari, le ministre de l’éducation François Cloutier, et leurs deux filles dans l’affliction. Son décès est annoncé par le Premier ministre Bourassa à l’Assemblée nationale. Dans l’hommage qui lui est rendu, ses collègues se rappellent avec tristesse la simplicité et le dévouement de celle qu’ils considéraient ‘plus comme une grande soeur que comme un patron.

 

Le pavillon Lahaise, béni en 1936 sous le nom de Notre-Dame du-Rosaire, est quant à lui prévu pour accueillir les femmes. Il est renommé en 1976 à la mémoire de Dr Guillaume Lahaise (1888-1969). Originaire de Saint-Hilaire, le jeune Guillaume s’intéresse à la peinture et à la poésie. Il se lie d’amitié avec le peintre Ozias Leduc et se passionne pour Émile Nelligan, une admiration qui durera toute sa vie. Il rendra de nombreuses visites à Nelligan, alors interné à Saint-Benoît, avant qu’il ne devienne son patient à Saint-Jean-de-Dieu. Guillaume Lahaise écrit des poèmes sous le nom de plume de Guy Delahaye et fonde, avec ses amis Paul Morin, Marcel Dugas et René Chopin, un courant révolutionnaire de poésie moderniste. Il publie notamment un recueil de poèmes intitulé Les Phases en 1910.

Devenu bactériologiste, psychiatre, professeur, le Dr Lahaise voyage: Californie, France, Cuba, Massachussets avant d’accepter un poste de médecin interne à Saint-Jean-de-Dieu, avec chambre, pension et salaire. Il se dédie à ses patients pendant 34 ans, avec une compassion quasi monacale, disponible jour et nuit puisqu’il réside sur place, avec sa famille, à la Maison blanche située en face du pavillon Bourget. Après tant d’années au service des déshérités, il prend sa retraite en 1958. Très malade à l’été 1969, il demande à retourner aux sources à Saint-Jean-de-Dieu pour y finir ses jours.