Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Et puis, le feu a pris...

20 septembre 1977, 13 h 15 | Les employés revenaient de dîner quand la cloche s’était mise à sonner. En toute hâte ils se rassemblaient déjà pour évacuer les pensionnaires. Le feu avait pris dans les charpentes de l’aile Émile-Nelligan et s’était propagé très rapidement, activé par le vent.

L’évacuation s’est faite dans le plus grand calme. Les préposés et infirmiers s’étaient mobilisés en nombre et les pensionnaires ne semblaient nullement troublés par le branle-bas ambiant, à l’exception de quelques malades plus agités. Le personnel accompagnait les plus valides par le grand corridor menant à l’aile Est, et prenaient soin des personnes plus âgées ou alitées en les transportant sur des brancards. Un grand mouvement de solidarité s’était formé, des employés qui étaient en repos avaient vu ce qui se passait aux nouvelles, et s’étaient précipités pour aider leurs collègues. C’est ainsi que près de 1000 personnes étaient conduites, « dans un calme étonnant » rapporte le journal La Presse, et sains et saufs, jusqu’à la cafétéria et la chapelle, en attendant d’être relogées et qu’on n’a déploré aucune victime, un vrai miracle !

Une fumée dense s’échappait des bâtisses en flammes et la chaleur était tellement forte qu’on la ressentait jusqu’au Pavillon Bourget. Heureusement, plus de 200 pompiers étaient à pied d’œuvre au plus fort du sinistre et se sont relayés durant trois jours pour sécuriser les lieux.

Les soldats du feu faisaient face à un problème de taille : il n’y avait que quatre bornes d’incendie sur le terrain et ils ont dû s’alimenter plus au sud vers le fleuve, à renforts de longs tuyaux. Plus tard, l’armée est venue à la rescousse…

En quelques heures, l’aile Émile-Nelligan, qui représentait alors le tiers des unités de séjour, partait en fumée.

Le directeur général, Jean-Guy Deguise, se démenait pour trouver des hôpitaux pouvant accueillir les patients et le chef médical cherchait… des lits ! Car de l’espace, on pouvait en trouver, mais on n’avait pas de lits ! Comble de malheur, une grande panne d’électricité frappait en même temps la Province et des défaillances téléphoniques paralysaient les communications.

La première nuit, les patients en surnombre ont été obligés de dormir par terre dans les unités préservées des flammes. Le Ministère des Affaires Sociales est intervenu pour aider au placement des patients dans plusieurs établissements montréalais, créant une onde de choc mémorable dans le réseau.