Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
À propos du CIUSSS
Accueil Plan du site Courrier Portail Québec
Taille du texte
AAA

Lancement d’un outil web destiné à la sensibilisation de la violence en milieu de travail

26 août 2014

2 travailleurs sur 3 sont victimes ou témoins de violence au travail : une réalité banalisée et sous-estimée

 

Selon un sondage réalisé auprès de 2889 travailleurs québécois en 2012 par l’équipe de recherche VISAGE du Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, 67 % d’entre eux ont déclaré avoir été victimes ou témoins de différents types de violence au travail. Cette étude, menée auprès du personnel en soins de santé, d’employés des transports urbains et d’agents de la paix, nous apprend aussi que les travailleurs banalisent la violence et que les milieux de travail n’accordent pas assez d’importance à la prévention d’actes de violence ou de comportements inacceptables.

«Être menacé ou agressé physiquement ou verbalement par un collègue ou un client ne devraient pas faire partie du quotidien des travailleurs» affirme Stéphane Guay, directeur de l’équipe VISAGE. «Bien entendu, certains métiers prédisposent davantage à vivre ce type d’événement. Trop souvent, les travailleurs de ces secteurs banalisent la situation, en disant que «ça fait partie de la job». Cependant, les impacts de ces événements peuvent être importants » explique le professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal.

En effet, la violence au travail peut entraîner diverses conséquences pour les travailleurs touchés, tant au plan psychologique que professionnel. L’étude de l’équipe VISAGE rapporte différents symptômes chez les travailleurs interrogés tels que de l’irritabilité, des difficultés de sommeil, de l’évitement, du stress, de l’hypervigilance ainsi qu’une baisse de productivité. «La sensibilisation aux conséquences de la violence en milieu de travail devient donc essentielle, tant auprès des travailleurs que des employés» affirme Steve Geoffrion, membre de l’équipe VISAGE et doctorant au Centre d’étude sur le trauma. « Nous voulons encourager les travailleurs à dénoncer la violence en milieu de travail afin de pouvoir changer les choses. Encore aujourd’hui, plusieurs entreprises n’ont pas de programme de prévention des actes violents. En travaillant en amont, le nombre d’événements pourrait diminuer et ainsi nous pourrions éviter les conséquences associées. »

C’est pourquoi l’équipe VISAGE lance aujourd’hui un outil web qui vise à sensibiliser les travailleurs aux réalités de la violence en milieu de travail. Selon Stéphane Guay, « quand on comprend mieux les différentes formes de violence, il est plus facile de la reconnaître, de la déclarer et de la prévenir. Dans l’imaginaire collectif, quand on évoque la violence, on pense tout de suite à une personne grièvement blessée mais la violence peut aussi être moins spectaculaire. Un patient qui insulte sa soignante,  un client qui crache au visage d’un chauffeur d’autobus, un automobiliste qui intimide physiquement un policier, c’est de la violence !»

 

www.violenceautravail.ca

Quelques statistiques

  • Dans le cadre du sondage réalisé par l’équipe VISAGE, le nombre de victimes et de témoins d’une forme de violence au travail est particulièrement élevé :
    - 81 % du personnel soignant
    - 80 % des chauffeurs d'autobus et chauffeuses d’autobus
    - 77 % des policiers et des policières
  • Dans tous les milieux de travail confondus :
    - 65 % des femmes et 69 % des hommes subissent de la violence en milieu de travail
    - 29 % des femmes et 41 % des hommes ont été perturbés à la suite de leur victimisation
  • Toutefois,
    - 32 % pensent qu'ils seraient jugés par leurs collègues s'ils se plaignaient
    - 36 % pensent qu'ils seraient jugés par leur employeur s'ils se plaignaient
    - 18 % pensent qu'il ne sert à rien de parler de la violence au travail à moins d'avoir une blessure apparente
    - 57 % ne connaissent pas les politiques et les procédures pour obtenir de l'aide à la suite d'un événement 

Communiqué en version PDF

Les médias en parlent...

C'est bon pour la santé / Canal M et CIBL
Radio-Canada cet après-midi / Québec
Radio Canada Des mains en or / Abitibi-Témiscamingue
Midi libre / CIBL 101,5 Montréal
JournalMétro

Renseignements

Catherine Dion
Service des communications – Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Tél. : 514 251-4000, poste 2986
Cel. : 514 235-4036
catherine.dion.iusmm@ssss.gouv.qc.ca