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Une nouvelle stratégie pour augmenter les effets de la psychothérapie

28 mai 2013

L’amorçage préconscient s’avèrerait un complément à la thérapie traditionnelle en psychiatrie.

Une étude pilote a démontré qu’il est possible de diminuer les pensées ou attitudes dysfonctionnelles qui persistent après une psychothérapie, à l’aide d’un enregistrement pouvant être écouté à la maison. Cette découverte résulte des travaux de Dr François Borgeat en collaboration avec Kieron O’Connor, tous deux chercheurs à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, affiliés au département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

L’étude parue en mars dernier dans Frontiers in psychiatry démontre que la stratégie d’amorçage préconscient permettrait de diminuer les problématiques et sources de souffrance chez les patients. 

« Changer sa façon de penser, ses attitudes, ses comportements problématiques est difficile pour une personne, car cela requiert de longs et exigeants efforts.  Les psychothérapies y contribuent d’une façon importante, mais souvent, malgré une thérapie qui se déroule bien et malgré les efforts du patient, des pensées et attitudes négatives persistent. »

Dr François Borgeat

Cette étude a été réalisée auprès de 20 patients souffrant de phobie sociale. Ces patients ont, dans un premier temps, participé à une psychothérapie dans le but de réduire leur anxiété sociale, qui se traduit par la crainte de se trouver dans une situation stressante face à un groupe de personnes. Trois mois plus tard, les patients ont bénéficié d’une thérapie basée sur une stratégie d’amorçage préconscient pour s’attaquer aux problèmes de pensées négatives qui restaient à résoudre. «Il s’agit d’une stratégie novatrice visant à augmenter les effets de la psychothérapie en facilitant le changement cognitif», poursuit l’auteur principal de l’étude.

L’amorçage préconscient est une approche visant à faire écouter au patient un enregistrement de phrases sous fond de musique apaisante comme les Variations Goldberg de JS Bach. L’intensité de la musique étant supérieure à celle des paroles, le patient ne perçoit pas le discours de manière consciente. Le choix des phrases est déterminé par le thérapeute conjointement avec le patient en fonction des pensées, attitudes ou comportements problématiques mis en évidence lors de la psychothérapie. Cet enregistrement est écouté par le patient sans effort, par exemple en s’endormant, deux fois par jour pendant 6 semaines. 

En plus de diminuer les pensées et sentiments négatifs chez les patients, cette approche permettrait d’augmenter les pensées positives qui touchent par exemple l’estime de soi, la confiance en soi et l’image corporelle. Ces résultats encourageants indiquent que cette stratégie auto-administrée à domicile et peu coûteuse pourrait compléter les psychothérapies traditionnelles. Il semble que l’écoute préconsciente répétitive puisse rendre plus accessible des pensées et attitudes positives intériorisées chez le patient. L’équipe s’emploie maintenant à évaluer les effets de cette stratégie à plus long terme, à tester son application dans d’autres conditions et à simplifier son processus clinique.

L’étude est parue dans la revue Frontiers in psychiatry sous le titre Psychotherapy augmentation through preconscious priming.

François Borgeat est psychiatre et chercheur associé à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Il est professeur titulaire de clinique à l’Université de Montréal et professeur honoraire à l’Université de Lausanne. Il travaille depuis plus de 30 ans sur la perception préconsciente, parfois appelée subliminale. Il s’est fait connaître du grand public dans les années 80-90 par le développement d’une technique de relaxation appelée « La détente subliminale ». 

Kieron O’Connor est directeur du Centre d’études sur les troubles obsessionnels compulsifs et les tics, professeur (non permanent) au Département de psychoéducation et de psychologie de l’Université du Québec en Outaouais et chercheur clinicien senior au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Il est également professeur titulaire au département de psychiatrie de l’Université de Montréal et conseiller scientifique pour la Fondation Québécoise pour le Trouble Obsessionnel-Compulsif. Il a publié jusqu’à maintenant plus de deux cents articles, chapitres et textes scientifiques.

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Le Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal

 

Renseignements :
Laurence Robichaud
Agente d’information – relations médias
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