Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Suggestion de lecture

André, C. & Légeron, P. (2000). La peur des autres ;Trac, Timidité et Phobie sociale. (3e éd.) Paris: Odile Jacob.

Pourquoi avons-nous le trac?

Quelles sont les situations sociales les plus intimidantes pour la plupart d’entre nous?

À partir de quand la timidité devient-elle phobie sociale?

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Phobie sociale

La phobie sociale (PS), ou trouble d’anxiété sociale, est caractérisée essentiellement par une peur marquée et persistante des situations sociales (par ex., réunions, repas de groupe, etc.) ou de performance (par ex., exposés oraux, entrevues d’embauche, etc.) durant lesquelles la personne est en contact avec des gens non familiers et/ou est exposée à l’observation d’autrui.

La personne craint alors d’agir de façon embarrassante ou humiliante et est préoccupée par le jugement des autres (par ex., crainte que quelqu’un la juge comme anxieuse, faible, «folle», stupide, crainte que les autres remarquent qu’elle rougit, que ses mains ou sa voix tremblent, etc.).



Quand et comment ce trouble apparaît-il généralement?

Existe-t-il certaines caractéristiques particulières à la PS liées à la culture et à l’âge?

Quels pensées, comportements et/ou émotions peuvent être associés et/ou observés chez une personne aux prises avec une PS?

Est-ce qu’une personne présentant certains symptômes précédemment indiqués souffre nécessairement de PS?

De quelle façon les professionnels de la santé mentale diagnostiquent-ils la PS chez un individu?

Combien d’individus sont aux prises avec une PS dans la population?

Existe-t-il certaines différences entre hommes et femmes en ce qui a trait à la PS?

Une personne aux prises avec une PS peut-elle s’en sortir?

Que faire dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec une PS?

En quoi consiste la thérapie cognitivo-comportementale pour la PS et est-elle efficace?

Quelles sont les techniques utilisées dans la thérapie cognitivo-comportementale pour la phobie sociale?


Quand et comment ce trouble apparaît-il généralement?

Il semble que la PS a typiquement un début entre 10 et 20 ans faisant parfois suite à une timidité durant l'enfance. Par ailleurs, certains individus font état d'un début très tôt dans l'enfance. Le début peut également suivre de manière abrupte une expérience stressante ou humiliante ou bien peut être insidieux3. Enfin, lorsque la PS n’est pas traitée, celle-ci peut durer pendant de nombreuses années et ce, de façon chronique.

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Existe-t-il certaines caractéristiques particulières à la PS liées à la culture et à l’âge?

Il semble que la présentation clinique et la gêne associée à la PS, peuvent différer selon les cultures compte tenu de certaines exigences sociales. Par exemple, dans certaines cultures asiatiques, les sujets présentant une PS peuvent développer des peurs persistantes et excessives d’offenser les autres dans des situations sociales plutôt que la peur d’être gênés proprement dite. En ce qui a trait à l’âge, la phobie sociale peut également être observée chez les enfants et peut être accompagnée par exemple, de pleurs, d’accès de colère, de réaction de figement et voir même de mutisme.

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Quels pensées, comportements et/ou émotions peuvent être associés et/ou observés chez une personne aux prises avec une PS?

Lorsque les individus aux prises avec une PS s’exposent à la situation sociale ou de performance redoutée, cela provoque presque automatiquement des symptômes physiques d’anxiété chez ceux-ci (par ex., palpitations, tremblements, transpiration, gêne gastro-intestinale, tension musculaire, rougissement, confusion, etc.). De plus, il semble que les adultes présentant une PS reconnaissent le caractère excessif ou irraisonnable de leur peur. Par ailleurs, les personnes souffrant d’une PS évitent généralement de s’exposer aux situations sociales et/ou de performance qu’elles redoutent et/ou les fuient et/ou s’y exposent avec une détresse intense (par ex., évitent de manger, boire ou écrire en public par crainte que les autres voient leurs mains trembler, évite de prendre la parole lors de réunions au travail, fuient les rencontres sociales où ils ont à parler d’eux mêmes, etc.).

Il est également à noter que les caractéristiques habituellement associées à la PS sont : l’hypersensibilité à la critique, à une évaluation négative ou au rejet, des difficultés à manifester de l'assurance, une faible estime de soi ou des sentiments d'infériorité. De plus, il n’est pas rare d’observer chez une personne présentant une PS, de mauvaises compétences sociales (par ex., un mauvais contact visuel) ou des signes observables d'anxiété (par ex., des tremblements, une voix mal assurée, etc.).

Enfin, les individus aux prises avec une PS ont fréquemment un réseau social réduit et ils sont moins enclins à se marier. Dans les cas les plus sévères, les individus peuvent même abandonner leurs études, être sans emploi et ne pas chercher de travail du fait de leurs difficultés lors des entretiens d'embauche. Ils peuvent également être sans amis ou bien se raccrocher à des relations peu satisfaisantes, s'abstenir complètement de sortir avec une femme (ou un homme) ou faire le choix d’habiter avec leur famille d'origine.

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Est-ce qu’une personne présentant certains symptômes précédemment indiqués souffre nécessairement de PS?

Non. Il est à noter qu’afin d’établir un diagnostic de PS proprement dite, il faut observer la présence d’une peur persistante et intense d’une ou plusieurs situations sociales ou de situations de performance durant lesquelles le sujet est en contact avec des gens non familiers, la crainte d’agir (ou de montrer des symptômes anxieux) de façon embarrassante ou humiliante, que l’exposition à la situation sociale redoutée provoque de façon quasi systématique une anxiété, la reconnaissance du caractère excessif ou irraisonné de la peur ainsi que la présence d’une souffrance cliniquement significative et/ou de problèmes dans le fonctionnement social et/ou personnel de la personne. Certes, afin de poser un diagnostic de PS, la présence des divers éléments précédemment mentionnés ne doivent pas être expliqués par la présence d’un autre trouble ou d’une affection médicale.

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De quelle façon les professionnels de la santé mentale diagnostiquent-ils la PS chez un individu?

Lors d’entrevues cliniques et à l’aide de différents outils d’évaluation (questionnaires, grilles, etc.), les professionnels de la santé sont généralement en mesure de diagnostiquer un individu aux prises avec une PS. À cet effet, les médecins, les psychiatres et les psychologues sont les uniques professionnels pouvant émettre un diagnostic.

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Combien d’individus sont aux prises avec une PS dans la population?

Les études épidémiologiques réalisées dans la population générale font état d'une prévalence à vie de la PS variant de 3 à 13 %3. La plupart des individus présentant ce trouble ont peur de parler en public alors qu'un peu moins de la moitié ont peur de parler à des inconnus ou de rencontrer de nouvelles personnes. En ce qui a trait au peurs de performance (par ex., manger, boire ou écrire en public) celles-ci semblent être moins fréquentes. Enfin, dans les services cliniques, la grande majorité des personnes aux prises avec une PS ont peur de plus d'un type de situations sociales. Il est à noter que la PS constitue rarement le motif d'une hospitalisation puisque les personnes associes fréquemment ce trouble à un trait non modifiable de la personnalité.

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Existe-t-il certaines différences entre hommes et femmes en ce qui a trait à la PS?

Dans la plupart des populations cliniques, les femmes et les hommes semblent être représentés de façon égale ou bien, la majorité des sujets sont des hommes.

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Une personne aux prises avec une PS peut-elle s’en sortir?

La littérature scientifique a démontré qu’il est possible pour un individu aux prises avec une PS de diminuer significativement ses symptômes et retrouver un fonctionnement social, personnel et interpersonnel satisfaisant. Par ailleurs, les traitements généralement utilisés et recommandés dans le cas de la PS sont la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) individuelle ou de groupe ainsi que la pharmacothérapie. L’aide professionnelle devient importante lorsqu’une personne présentant des symptômes de PS voit son fonctionnement général affecté et/ou qu’une souffrance significative y est associée.

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Que faire dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec une PS?

Dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec une PS, il importe de lui suggérer de consulter. Il est également important de s’informez sur cette problématique et de ne pas hésitez à demander de l’aide au besoin.

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En quoi consiste la thérapie cognitivo-comportementale pour la PS et est-elle efficace?

La thérapie cognitivo-comportementale de la PS consiste principalement à favoriser des comportements d’approche, à développer les habiletés sociales de communication et d’affirmation de soi ainsi que de gestion des réactions anxieuses excessives et à corriger les façons irréalistes de penser de la personne. Il est à noter que des thérapies individuelles et de groupe sont offertes pour ce trouble. À l’heure actuelle, il semble que les psychothérapies de groupe d’approche comportementale représentent un moyen efficace pour aider les personnes présentant une PS.

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Quelles sont les techniques utilisées dans la thérapie cognitivo-comportementale pour la phobie sociale?

  • La psychoéducation :
    La psychoéducation consiste à fournir de l’information à la personne aux prises avec une PS, sur ses réactions anxieuses, l’origine de ses symptômes ainsi que les facteurs explicatifs de sa PS.

  • Entraînement aux habiletés sociales :
    L’entraînement aux habiletés sociales représente un ensemble de techniques utilisées pour apprendre aux personnes présentant une PS des comportements sociaux efficaces. Par exemple, il peut y avoir présentation d’informations sur diverses techniques d’affirmation de soi et pratique de celles-ci au moyen de jeux de rôles. Enfin, il est également suggéré d’exercer les habiletés sociales apprises lors de véritables situations sociales anxiogènes entre les rencontres de thérapie.

  • L’exposition graduée en imagination et in vivo :
    La composante essentielle du traitement de la PS est l’exposition (in vivo et en imagination). Cette intervention consiste pour la personne aux prises avec une PS à confronter son anxiété en s’exposant, de manière répétée, aux images mentales, personnes et/ou situations sociales qui lui font peur pour qu’elle s’habitue et par le fait même, diminue l’anxiété y étant associée.

  • La correction cognitive :
    Une autre technique fréquemment utilisée dans le cadre de la thérapie cognitivo-comportementale de la PS est la restructuration (ou correction) cognitive. Cette intervention consiste à identifier et ensuite à modifier les pensées et appréhensions dysfonctionnelles (par ex., peur du jugement négatif des autres, croyance que leurs performances sont inférieures ou inadéquates, etc.) causant et maintenant l’anxiété sociale de la personne en lui donnant de l’information, en la questionnant et en la confrontant à des évidences objectives de la réalité.

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