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Trouble obsessionnel compulsif

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) se caractérise par la présence d’obsessions ou de compulsions récurrentes qualifiées de suffisamment sévères pour entraîner une perte de temps et/ou un sentiment marqué de souffrance et/ou un impact négatif significatif dans le fonctionnement personnel et/ou social de l’individu. De plus, une personne aux prises avec un TOC reconnaît, à un certain moment de l’évolution de son trouble, le caractère excessif ou déraisonnable de ses obsessions ou compulsions.

Pour en savoir davantage, vous pouvez aussi visiter le microsite du Centre d’étude sur les troubles obsessionnels-compulsif et les tics


Quand et comment ce trouble apparaît-il généralement?

Existe-t-il certaines caractéristiques particulières au TOC liées à la culture et à l’âge?

Qu’est-ce qu’une obsession telle que définie dans le TOC?

Quelles sont les obsessions les plus fréquemment observées chez les personnes aux prises avec un TOC?

Qu’est-ce qu’une compulsion telle que définie dans le TOC?

Quelles sont les compulsions les plus fréquemment observées chez les personnes aux prises avec un TOC?

Quelles pensées, comportements et/ou émotions peuvent être associés et/ou observés chez une personne aux prises avec un TOC?

Est-ce qu’une personne présentant certains symptômes précédemment indiqués souffre nécessairement de TOC?

Est-ce possible qu’une personne présente l’ensemble des symptômes du TOC mais ne croit pas que cela représente un problème?

Existe-t-il des stratégies qu’une personne aux prises avec un TOC emploie afin de tenter de diminuer certaines de ses obsessions?

De quelle façon les professionnels de la santé mentale diagnostiquent-ils le TOC chez un individu?

Combien d’individus sont aux prises avec un TOC dans la population?

Existe-t-il certaines différences entre les hommes et les femmes en ce qui a trait au TOC?

Une personne aux prises avec un TOC peut-elle s’en sortir seule?

Que faire dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec un TOC?

La thérapie cognitivo-comportementale pour le TOC est-elle efficace?

Quelles sont les techniques utilisées dans la TCC pour le TOC?

 

 

Quand et comment ce trouble apparaît-il généralement?

Bien que le TOC peut survenir à tout âge y compris durant l’enfance, celui-ci débute généralement lors de l'adolescence ou dans le début de l’âge adulte. Dans la plupart des cas, le début est progressif bien qu’il peut également être aigu (spontané) dans certains cas. De plus, la majorité des individus semble présenter une évolution chronique avec des hauts et des bas ainsi qu’une augmentation de symptômes pouvant être associée au stress. Enfin, il semble qu’environ 15% des personnes aux prises avec un TOC voient leur fonctionnement professionnel et social altéré et ce, de façon progressive.

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Existe-t-il certaines caractéristiques particulières au TOC liées à la culture et à l’âge?

Il n’est pas rare de voir certains comportements ritualisés de par leur imposition culturelle. Par contre, dans ces cas particuliers, les comportements observés ne sont pas considérés comme étant des symptômes associés à un TOC à moins que ceux-ci excèdent les normes culturelles, surviennent à des moments ou à des endroits jugés inappropriés par les autres membres de cette même culture et/ou interfèrent avec le fonctionnement social de l’individu3. Par ailleurs, en ce qui a trait l’âge auquel ce trouble survient pour une première fois, des variations considérables ont pu être observées d’un individu à l’autre1. Il est également à noter que le TOC peut également être observé chez les enfants et les manifestations de symptômes y étant associées sont comparables à celles observées chez l’adulte.

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Qu’est-ce qu’une obsession telle que définie dans le TOC?

Une obsession est définie comme étant une idée, une pensée, une impulsion ou une représentation persistante vécue comme étant intrusive et inappropriée. Celle-ci entraîne généralement une anxiété et/ou une souffrance importante. Les pensées, impulsions ou représentations ne sont pas uniquement des préoccupations excessives liées aux problèmes de la vie réelle (par ex., difficultés actuelles de la vie tels que des problèmes financiers, professionnels ou scolaires). Bref, il s’avère peu probable que celles-ci soient en rapport avec un problème de la vie réelle.

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Quelles sont les obsessions les plus fréquemment observées chez les personnes aux prises avec un TOC?

Les types d’obsessions les plus courantes ayant été observées sont les pensées répétées de contamination (par ex., peur d’être contaminé en serrant la main de quelqu’un), des doutes répétés (par ex., se demander si on a bien fermé la porte de la maison), d’un besoin d’ordre et de symétrie (par ex., une souffrance intense lorsque des objets sont en désordre), des impulsions agressives (par ex., la peur de blesser son enfant) ainsi que des représentations sexuelles (par ex., une image pornographique récurrente). Des obsessions de type religieuse et somatique peuvent être également observés.

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Qu’est-ce qu’une compulsion telle que définie dans le TOC?

Une compulsion est définie comme étant un comportement ou un acte mental répétitif dont le but est de prévenir une situation redoutée et/ou de réduire l’anxiété ou la souffrance reliée à l’obsession.

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Quelles sont les compulsions les plus fréquemment observées chez les personnes aux prises avec un TOC?

Les types de compulsions les plus communes semblent être les actions de lavage et de nettoyage (par ex., se laver les mains plusieurs fois de suite), de vérifications (par ex., se lever pour vérifier, plusieurs fois dans la nuit, si les serrures des portes de la maison sont bien barrées) et de rangement (par ex., aligner ses livres constamment pour qu’ils soient droits avec le bureau).

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Quelles pensées, comportements et/ou émotions peuvent être associés et/ou observés chez une personne aux prises avec un TOC?

Lorsque la personne aux prises avec un TOC essaie de résister à une compulsion, celle-ci éprouve fréquemment le sentiment d’une augmentation de son anxiété ou de tension étant généralement soulagée par le fait de céder à la compulsion (faire le comportement). De plus, il n’est pas rare d’observer chez les personnes aux prises avec un TOC, un évitement des situations reliées au contenu de leurs obsessions, tel que la saleté ou la contamination. Par exemple, une personne ayant une obsession de la saleté peut éviter délibérément d'utiliser les toilettes publiques ou de serrer la main à des inconnus. Des préoccupations hypocondriaques sont également courantes chez ces personnes pouvant par le fait même, visiter de façon répétée le médecin afin d’obtenir une certaine réassurance.

De plus, les individus avec un TOC peuvent ressentir de la culpabilité, un sens pathologique des responsabilités ainsi que des troubles du sommeil. Il n’est pas rare également de constater une utilisation excessive d'alcool ou de sédatifs, d'hypnotiques et/ou de médicaments anxiolytiques chez ceux-ci. Enfin, l'accomplissement des compulsions peut devenir l'activité principale de la vie, conduisant à des handicaps sévères dans le registre conjugal, professionnel ou social. Un évitement envahissant peut même conduire un individu à ne plus sortir de chez lui.

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Est-ce qu’une personne présentant certains symptômes précédemment indiqués souffre nécessairement de TOC?

Non. Il est à noter qu’afin d’établir un diagnostic de TOC proprement dit, les obsessions et les compulsions doivent envahir l’individu plus d’une heure par jour ou entraîner une souffrance cliniquement significative ou des problèmes dans le fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants de la vie de la personne. De plus, l’individu doit reconnaître le caractère déraisonnable et excessif de ses obsessions et/ou compulsions.

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Est-ce possible qu’une personne présente l’ensemble des symptômes du TOC mais ne croit pas que cela représente un problème?

Oui. Certaines personnes présentant un TOC ne reconnaissent pas que les obsessions et les compulsions sont excessives ou irraisonnées bien que ces dernières peuvent causer divers problèmes dans leur fonctionnement personnel et/ou social. Dans ce cas, il est possible de consulter un professionnel de la santé mentale pour aidez à adopter certaines stratégies pouvant être aidantes.

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Existe-t-il des stratégies qu’une personne aux prises avec un TOC emploie afin de tenter de diminuer certaines de ses obsessions?

Oui. Il n’est pas rare de constater chez les individus présentant des obsessions, le développement de certaines stratégies les aidant à soulager ou à supprimer leurs pensées obsédantes1. Ces stratégies sont appelées chez les professionnels de la santé, des stratégies de neutralisation. La neutralisation réfère généralement à tout ce qu’une personne tente afin de chasser l’obsession et ainsi, diminuer l’inconfort y étant associé. Chasser les pensées, se distraire, faire des vérifications mentales et analyser la pensée sont des exemples de ces stratégies.

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De quelle façon les professionnels de la santé mentale diagnostiquent-ils le TOC chez un individu?

Lors d’entrevues cliniques et à l’aide de différents outils d’évaluation (questionnaires, grilles, etc.), les professionnels de la santé mentale sont généralement en mesure de diagnostiquer un individu aux prises avec un TOC. À cet effet, les médecins, les psychiatres et les psychologues sont les uniques professionnels pouvant émettre un diagnostic.

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Combien d’individus sont aux prises avec un TOC dans la population?

Bien que le TOC était considéré il y a quelques années comme étant relativement rare dans la population générale, certaines études récentes conduites dans la communauté ont estimé la prévalence à vie à de ce trouble à 2,5%. Enfin, les travaux de recherches ont également à ce jour, indiqués que les taux de prévalence du TOC sont similaires dans bon nombre de cultures à travers le monde.

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Existe-t-il certaines différences entre les hommes et les femmes en ce qui a trait au TOC?

Il semble que le taux de TOC soit réparti dans la population de façon égale entre les hommes et les femmes. Il appert toutefois qu’une différence semble avoir été observée quant à l’apparition dans l’enfance du trouble. Il serait davantage précoce chez l’homme (entre 6 et 15 ans) que chez la femme (20 et 29 ans).

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Une personne aux prises avec un TOC peut-elle s’en sortir seule?

La littérature scientifique a démontré qu’il était possible pour un individu aux prises avec un TOC de diminuer significativement ses symptômes et retrouver un fonctionnement social, personnel et interpersonnel satisfaisant. Par ailleurs, les traitements généralement utilisés et recommandés dans le cas du TOC sont la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et la pharmacothérapie. L’aide professionnelle devient ainsi importante lorsqu’une personne présentant des symptômes de TOC voit son fonctionnement général affecté et/ou qu’une souffrance significative y est associée.

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Que faire dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec un TOC?

Dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec un TOC, il importe de lui suggérer de consulter. Il est également important de s’informez sur cette problématique et de ne pas hésitez à demander de l’aide au besoin.

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La thérapie cognitivo-comportementale pour le TOC est-elle efficace?

Les résultats de certaines recherches scientifiques montrent que la thérapie cognitivo-comportementale est efficace pour traiter le TOC. En effet, plusieurs auteurs concluent en l’efficacité de cette forme de psychothérapie notamment pour la présence de diverses compulsions. De plus, les diminutions de symptômes semblent généralement être maintenus dans le temps suite à un traitement d’approche cognitivo-comportementale.

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Quelles sont les techniques utilisées dans la TCC pour le TOC?

À l’heure actuelle, les interventions de choix en matière de traitement du TOC sont l’exposition et la prévention du rituel.

  • L’exposition graduée en imagination et in vivo:
    Une des interventions de choix dans le traitement du TOC est l’exposition. L’exposition vise principalement à diminuer l’évitement et la peur de la personne aux prises avec un TOC à l’égard de ses obsessions et situations reliées à celles-ci afin de diminuer la fréquence de l’apparition de ces obsessions. Deux types d’exposition sont généralement utilisées soient : l’exposition en imagination et l’exposition in vivo. L’exposition en imagination consiste pour la personne aux prises avec un TOC à composer et enregistrer d’une part, un scénario obsessionnel sur une cassette et d’autre part, d’écouter ce scénario jusqu’à ce que celui-ci ne lui crée plus d’anxiété. En ce qui a trait à l’exposition in vivo, celle-ci consiste plutôt à exposer directement la personne au prise avec un TOC aux situations étant reliées à ses obsessions, redoutées et/ou évitées jusqu’à ce que l’anxiété y étant associée diminue ou disparaisse.

  • La prévention du rituel:
    L’autre intervention de choix pour le TOC est la prévention du rituel. Cette stratégie accompagne généralement l’exposition et consiste à aider la personne à s’empêcher d’effectuer ses compulsions (ou neutralisations) visant généralement à chasser l’obsession ou réduire l’anxiété. Elle vise ainsi à prolonger l’exposition et à aider la personne à ressentir une diminution de son anxiété sans avoir fait de rituels.

  • La correction cognitive:
    La correction cognitive est également utilisée dans le cadre du traitement pour le TOC. Les personnes aux prises avec un TOC entretiennent fréquemment des croyances dysfonctionnelles qui contribuent à maintenir leurs obsessions et leurs compulsions (par ex., surestimation des conséquences de l’obsession, responsabilité excessive, etc.). Au moyen de cette technique, le thérapeute aide la personne à identifier ses croyances irrationnelles et les situations auxquelles elles s’appliquent, à prendre conscience de ses pensées automatiques, à corriger ses pensées irréalistes pour les remplacer par des pensées plus réalistes et à développer des perceptions adéquates à propos des situations problématiques.

  • La psychoéducation:
    Enfin, la psychoéducation dans la thérapie cognitivo-comportementale du TOC consiste généralement à fournir de l’information à la personne aux prises avec un TOC, concernant, par exemple, ses réactions anxieuses, l’origine de ses symptômes ainsi que les facteurs explicatifs de son trouble.