Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Suggestion de lecture

Marchand, A., & Letarte, A. (2004) La peur d’avoir peur : Guide de traitement du trouble panique avec agoraphobie. Stanké Éditeur

La peur d’avoir peur est un guide pratique qui vise à permettre aux gens atteints de se traiter eux-mêmes ou de comprendre leur problème en s’assurant de recevoir le bon traitement en psychothérapie.

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Trouble panique avec (ou sans) agoraphobie

Le Trouble panique (TP) se caractérise par la présence d'attaques de panique récurrentes et inattendues associées à la crainte persistante d'en avoir une autre, de préoccupations quant aux implications possibles ou aux conséquences de ces attaques et d'un changement significatif de comportement en relation avec celles-ci. Il est à noter que le TP se subdivise en trouble panique avec agoraphobie (TPA) et en trouble panique sans agoraphobie (TPSA).


Qu’est-ce qu’une attaque de panique (AP)?

Qu’est-ce que l’agoraphobie (AGO)?

Qu’est-ce que le trouble panique avec agoraphobie (TPA)?

Qu’est-ce que le trouble panique sans agoraphobie (TPSA)?

Quand et comment ce trouble apparaît-il généralement?

Quelles pensées, comportements et/ou émotions peuvent être associés et/ou observés chez une personne aux prises avec un TP?

Est-ce qu’une personne présentant certains symptômes précédemment indiqués souffre nécessairement de TP?

De quelle façon les professionnels de la santé diagnostiquent-ils le TP chez un individu?

Combien d’individus sont aux prises avec un TP dans la population?

Existe-t-il certaines différences entre hommes et femmes en ce qui a trait au TP?

Une personne souffrant de TP peut-elle s’en sortir seule?

Que faire dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec un TP?

Quelles sont les techniques utilisées dans la thérapie cognitivo-comportementale pour le TP?

La thérapie cognitivo-comportementale pour le TP est-elle efficace?


 

 

Qu’est-ce qu’une attaque de panique (AP)?

Une attaque de panique est définie comme étant une période délimitée marquée par l’apparition soudaine d’une appréhension intense, d’une peur ou d’une terreur souvent associée à des sensations de catastrophe imminente et qui atteint généralement son maximum en 10 minutes. Lors de ces attaques, il est alors possible d’observer certains symptômes tels que:

  • des sensations de souffle coupé ou de manque d’air
  • des palpitations
  • des douleurs ou une gêne thoracique
  • des sensations d’étranglement et/ou des impressions d’étouffement
  • la peur de « devenir fou », de mourir, et/ou de perdre le contrôle sur soi
  • des tremblements ou des secousses musculaires
  • des nausées et/ou des troubles digestifs
  • des sensations de vertige
  • des engourdissements ou des picotements
  • des frissons ou des chaleurs

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Qu’est-ce que l’agoraphobie (AGO)?

L’agoraphobie est définie comme étant une anxiété, ou un évitement d’endroits/de situations, d’où il pourrait être difficile (ou gênant) de s’échapper ou dans lesquels aucun secours ne serait disponible en cas d’attaque de panique ou de symptômes à type de panique. Fréquemment, certains lieux sont évités tels que :

  • les rues
  • les commerces 
  • les foules 
  • les files d’attente 
  • les espaces clos (ascenseurs, tunnels) 
  • les théâtres, les cinémas 
  • les ponts

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Qu’est-ce que le trouble panique avec agoraphobie (TPA)?

Certains individus ayant des attaques de panique récurrentes, modifient leurs comportements de manière importante (par ex., abandonnent leur emploi). Les craintes portant sur une nouvelle attaque ou ses implications sont souvent associées au développement de comportements d'évitement (par ex., éviter de prendre l’autobus ou d’aller dans les centres d’achats) pouvant être reliés aux critères d'une agoraphobie. Dans ce cas, un Trouble Panique avec Agoraphobie (TPA) est alors diagnostiqué.

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Qu’est-ce que le trouble panique sans agoraphobie (TPSA)?

Ce trouble se caractérise par la présence d’attaques de panique récurrentes et inattendues associées à la crainte persistante pendant au moins un mois, d’en revivre une autre. De plus, celui-ci est relié à des préoccupations quant aux conséquences possibles de ces attaques de panique et à un changement significatif de comportement découlant des AP. Il est à noter dans ce trouble, que les critères étant associés à l’agoraphobie doivent être absents.

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Quand et comment ce trouble apparaît-il généralement?

L'âge de début du TP varie de manière considérable mais survient généralement entre la fin de l'adolescence et le milieu de la trentaine3. Il semble qu’un petit nombre de cas débute durant l'enfance. Par ailleurs, bien qu’un début après l'âge de 45 ans est également inhabituel, celui-ci peut être observé. Il est à noter qu’un individu souffrant de TP, attend en moyenne près de 7 ans avant de consulter pour ce problème, consultant à priori, pour des motifs d’ordre médical1. En ce qui a trait à l'agoraphobie, bien que celle-ci puisse se développer à tout moment, son début se situe habituellement dans la première année de survenue des attaques de panique récurrentes. L'évolution de l'agoraphobie et sa relation avec l'évolution des attaques de panique sont variables. Dans certains cas, une diminution ou une rémission des attaques de panique peut être suivie de près par une diminution correspondante de l'évitement agoraphobique et de l’anxiété. Chez d'autres, l'agoraphobie peut devenir chronique, que les attaques de panique soient présentes ou non.

 

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Quelles pensées, comportements et/ou émotions peuvent être associés et/ou observés chez une personne aux prises avec un TP?

Les individus présentant un TP entretiennent diverses craintes quant aux implications ou aux conséquences des attaques de panique. Certains redoutent par exemple que celles-ci soient associées à la présence d'une maladie non diagnostiquée (par ex., maladie cardiaque, ou épilepsie). À cet effet, malgré des examens médicaux répétés et la confirmation qu’ils n’ont rien, ces individus peuvent demeurer effrayés et non convaincus qu'ils ne souffrent pas d’une quelconque maladie d’ordre physique. Par ailleurs, d'autres individus redoutent quant à eux que les attaques de panique soient le signe qu'ils sont en train de devenir fous/ de perdre le contrôle d'eux-mêmes ou qu'ils sont faibles sur le plan émotionnel. De plus, dans certains cas, la perte ou la rupture de relations interpersonnelles importantes (par ex., le fait de quitter son domicile pour vivre seul ou le divorce) est associée au début ou à l'exacerbation du TP.

La démoralisation est également une conséquence fréquente du TP. De nombreux individus peuvent devenir découragés, honteux et malheureux en raison de leurs difficultés de mener à bien leurs activités quotidiennes. Ils attribuent fréquemment ce problème à un manque de "force" ou de "caractère". Cette démoralisation peut dès lors se généraliser à des domaines autres que ceux liés spécifiquement au TP. Il n’est pas rare de constater un haut taux d’absentéisme au travail et/ou à l'école pour des consultations médicales ou de services d'urgence pouvant mener dans certains cas à une période d’assurance-emploi ou d’abandon d’études.

 

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Est-ce qu’une personne présentant certains symptômes précédemment indiqués souffre nécessairement de TP?

Non. Il est à noter que la seule présence d’attaque de panique ne suffit pas pour poser le diagnostic de TP. En effet, il faut également observer en ce qui a trait au TPSA, que les attaques sont récurrentes et inattendues et qu’au moins une de ces attaques de panique soit accompagnée pendant un mois (ou plus) de l’un (ou plus) des symptômes suivants :

  • crainte persistante d’avoir d’autres attaque de panique
  • préoccupations relativement aux implications de l’AP et de ses conséquences
  • changement de comportement en regard aux attaques

En ce qui a trait au TPA, en plus des symptômes reliés au TPSA et ceux reliés à l’agoraphobie, il est important de vérifier que les attaques de panique ne soient pas dues à certains effets physiologiques directs d’une substance ou à un problème médical particulier afin que le diagnostique soit posé.

 

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De quelle façon les professionnels de la santé diagnostiquent-ils le TP chez un individu?

Lors d’entrevues cliniques et à l’aide de différents outils d’évaluation (questionnaires, grilles, etc), les professionnels de la santé sont généralement en mesure de diagnostiquer un individu aux prises avec un TP avec ou sans agoraphobie. À cet effet, les médecins, les psychiatres et les psychologues sont les uniques professionnels pouvant émettre un diagnostic.

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Combien d’individus sont aux prises avec un TP dans la population?

Les études épidémiologiques réalisées à travers le monde retrouvent régulièrement une prévalence à vie du TP (avec ou sans agoraphobie) comprise entre 1 et 2% bien que des taux aussi élevés que 3.5% aient été rapportés . Les taux de prévalence sur un an varient entre 0.5 et 1.5%. De plus, environ un tiers à la moitié des individus ayant un diagnostic de TP dans la population générale ont également une agoraphobie, bien qu'un taux beaucoup plus élevé d'agoraphobie soit observé dans les populations cliniques.

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Existe-t-il certaines différences entre hommes et femmes en ce qui a trait au TP?

Certaines différences semblent avoir été constatées quant à l’observation du TP entre les hommes et les femmes. En effet, il semble que le TPA est diagnostiqué 2 fois plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes. De plus, en ce qui a trait au TPSA, celui-ci semble être diagnostiqué 3 fois plus souvent chez les femmes.

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Une personne souffrant de TP peut-elle s’en sortir seule?

La littérature scientifique semble indiquer que le TP est un problème chronique, en ce sens qu’il disparaît rarement sans traitement spécifique. Ainsi, le traitement généralement recommandé dans le cas du TP est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Par ailleurs, il peut arriver dans certains cas que la pharmacothérapie soit indiquée. L’aide professionnelle devient alors importante dans le choix du traitement à privilégier lorsqu’une personne présentant des symptômes de TP voit son fonctionnement général affecté et/ou qu’une souffrance significative y est associé.

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Que faire dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec un TP?

Dans le cas où une personne semble être ou est aux prises avec un TP, il importe de lui suggérer de consulter. Il est également important de s’informez sur cette problématique et de ne pas hésitez à demander de l’aide au besoin.

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Quelles sont les techniques utilisées dans la thérapie cognitivo-comportementale pour le TP?

  • La psychoéducation :
    Un aspect important de la thérapie cognitivo-comportementale du TPA est la psychoéducation. Son objectif principal est de fournir l’information pertinente à la personne aux prises avec ce trouble, concernant, par exemple, l’origine de ses symptômes de panique, les facteurs explicatifs du TPA et les fonctions ainsi que la non dangerosité des réactions de peur (symptômes de panique). Cette technique permet entre autre, de normaliser l’anxiété et par le fait même, de diminuer la crainte de la personne à l’égard de ses symptômes anxieux.

  • L’exposition aux sensations physiques :
    Une des techniques utilisées lors de la thérapie cognitivo-comportementale du TPA est l’exposition aux sensations physiques. Cette technique vise à ce que la personne aux prises avec le trouble provoque volontairement les sensations physiques de panique qui lui font peur afin de les apprivoiser et de s’y habituer pour finalement, ne plus en avoir peur. De par la pratique fréquente de ces exercices avec le thérapeute (par ex., monter et descendre les marches d’un escalier rapidement pendant environ une minute), la personne pourra dès lors, constater qu’aucune des conséquences redoutées ne s’est produite et que dans le cas où la panique survient, cette dernière disparaît en quelques minutes.

  • L’exposition graduée en imagination et in vivo :
    L’intervention de choix pour le TPA semble être à l’heure actuelle, l’exposition in vivo (graduée et prolongée). L’objectif de cette intervention consiste à diminuer l’évitement et l’anxiété relativement aux situations redoutées. Celle-ci consiste à commencer à faire affronter à la personne aux prises avec un TP une situation suscitant qu’une légère réaction anxieuse pour lui apprendre à supporter l’anxiété y étant reliée sans paniquer. Il doit ainsi demeurer dans la situation jusqu’à ce que l’anxiété diminue (ou disparaisse) afin que la peur des sensations disparaisse également. Cet exercice doit être répété jusqu’à ce que la situation ne provoque plus d’anxiété chez l’individu. Par la suite, la personne peut s’exposer à une situation quelque peu plus anxiogène et procéder de nouveau à la même technique.

  • La respiration diaphragmatique (ou rééducation respiratoire) :
    La respiration diaphragmatique (ou rééducation respiratoire) est parfois enseignée et suggérée aux individus aux prises d’un TPA. Celle-ci s’avère une technique de choix chez les personnes ayant tendance à faire de l’hyperventilation. Cette technique sert donc à transmettre à la personne un sentiment de contrôle sur son anxiété, à l’aider à se détendre et à diminuer, au besoin, ses symptômes d’hyperventilation.

  • La correction cognitive:
    Une autre stratégie appliquée auprès des personnes aux prises d’un TPA est la correction cognitive. Celle technique a pour but d’une part, d’aider la personne à reconnaître ses pensées automatiques irréalistes étant reliées à la panique et qui maintiennent la peur des sensations physiques ainsi que des situations. D’autre part, celle-ci vise à remettre en question ces pensées problématiques (confrontation à la réalité) afin de les remplacer par des pensées davantage réalistes et constructives.

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La thérapie cognitivo-comportementale pour le TP est-elle efficace?

Les résultats de plusieurs études contrôlées confirment que la thérapie cognitivo-comportementale est la plus efficace pour traiter le TPA. En effet, son efficacité semble être bien établie dans la littérature scientifique et est relativement avantageuse de par sa durée relativement brève, son maintien des acquis après le traitement et son efficacité à long terme.

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