Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Every Door, Every Floor
FFM 2013

Glengarry Glen Ross
Disponible en DVD

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AAA

Every Door, Every Floor et Glengarry Glenross

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28 août 2013 | Every Door, Every Floor est un court métrage canadien réalisé par Stash Capar, en compétition au Festival des films du monde (FFM) 2013. Le film aborde avec humour l'univers des vendeurs à la petite semaine. À l’instant lors du visionnement, j'ai pensé au film de James Foley, Glengarry Glen Ross, d'après la pièce de David Mamet. On a affaire ici à deux univers aliénants.

Dans l'œuvre de Capar, on retrouve un personnage qui suit une méthode de motivation abrutissante, mais toujours présentée avec humour. Le téléphone, dans les deux films, a une grande importance. On tente d'avoir rendez-vous, parfois d'une façon malhonnête chez Foley et plus candide chez Capar. On veut vendre à son prix  il y a un point commun avec les petits patrons, les «petits boss», qui veulent faire grimper leurs chiffres d'affaires en chiquant la guenille. Dans le film de Capar, la petite chef joue sur la culpabilité de son vendeur. Par contre, Glengarry Glen Ross demeure un long métrage prenant et dramatique, un univers au langage toujours crû que le personnage d'Every Door, Every Floor n'emploient qu'en passant leur frustration une fois armée.

Inutile de dire que les deux films traitent de cette valeur insidieuse : l'argent. Les vendeurs de Capar semblent s'en foutre. Les extérieurs sont gris, la pluie dans Glengarry Glen Ross, la neige dans Every Door, Every Floor. On retrouve dans GG des vendeurs hypocrites et menteurs avec les clients, des vendeurs qui se dévalorisent l'un l'autre dans un bureau, où les murs sont couverts de slogans fallacieux qui expliquent ce qui fait un bon vendeur. Dans les deux films, les personnages s'humilient pour garder leurs jobs. Chez Capar, c'est fait avec humour.

Je ne vous vendrai pas le punch, c'est dit dans le film qu’il faut rire. Chez Foley, on pleure de voir ces «peddlers» vieillissants qui essaient de vendre des terrains à des gens qui n'en ont pas besoin. Un des personnages de GG a une fille à l'hôpital. Quand on connaît le système de santé américain, inutile de dire qu'il a vraiment besoin d'une job, si humiliante soit-elle. Le système «Winner-Loser», très américain lui aussi, crée des gens prêts aux pires bassesses pour faire partie des winners. Capar a une vision originale de la dépression créée par ce type de boulot.

J'ai oublié de vous dire que Capar en est à sa première oeuvre : ça promet pour la suite! Juste le fait de s’inspirer de la pièce de Mamet est assez extraordinaire. Je n’ai pas de points négatifs : je lui souhaite de créer de grandes oeuvres qui deviendront des classiques comme GG.

Dans ce billet, j'ai essayé de mettre en parallèle deux oeuvres qui nous montrent ce qu'on peut nommer le «Struggle for Life», la lutte pour la survie. Deux visions pas si opposées je crois. Les êtres humains ont plus de valeurs que ça, Capar le montre bien. Il faut en rire et le rire est le propre de l'homme.