Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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La mémoire des édifices: des noms gravés dans la pierre

Vous-êtes vous déjà demandé quelle était l’origine des noms des différentes bâtisses de l’Institut ?

Nous remontons le fil du temps à la découverte des personnages qu’étaient Mgr Bourget et le Dr Bédard, et vous dévoilons le mystère de la Tour…

 

Le «Sanatorium» Bourget est inauguré le 15 octobre 1928. Imposant avec ses cinq étages, ce bâtiment devient vite le « cœur » du petit village de Gamelin. Il accueille dès son ouverture l’administration et une vocation que le pavillon conserve encore de nos jours : les services médicaux spécialisés.

Cette figure de proue de l’institution est baptisée en l’honneur de Mgr Ignace Bourget (1799-1885),  nommé 2e évêque de Montréal alors qu’il vient d’avoir 40 ans, un poste qu’il occupe jusqu’en 1876.

Cet homme de foi très attaché à Rome, qui est également un homme d’action et d’entreprise visionnaire, jette les bases de nombreuses institutions religieuses, de charité et éducatives. C’est ainsi qu’il cherche une congrégation hospitalière pour ouvrir un hospice pour malades mentaux dont le besoin se fait criant. Il soutient Émilie Tavernier-Gamelin, jeune veuve qui se consacre à des œuvres de bienfaisance et projette de fonder un accueil pour aliénés. Mgr Bourget lui confie la communauté religieuse des Sœurs de la Providence. L’Institut de la Providence ouvre ses portes en 1845 et deviendra trente ans plus tard l’Hospice Saint-Jean-de-Dieu.

L’œuvre de Mgr Bourget est remarquable. On lui reproche toutefois son autoritarisme et son conservatisme ayant contribué à la domination du clergé sur la société québécoise.

 

Le pavillon Bédard, anciennement appelé pavillon Saint-Joseph, réservé aux hommes, est baptisé du nom de Dominique Bédard (1921-2005). C’est le plus ancien pavillon de l’hôpital avec sa structure en bois. À l’origine, il abrite des chambres et salles communes, et devient en 2007 le siège des services administratifs de l’Hôpital.

Dans les années 60, Dominique Bédard, psychiatre québécois, humaniste, entre dans l’histoire. Suite à la parution en 1961 du livre Les fous crient au secours, écrit par Jean-Charles Pagé, un ancien patient de l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, une Commission d’étude des hôpitaux psychiatriques est constituée par le gouvernement, et le Dr Bédard en est nommé président.

Le rapport remis en 1962 par la Commission Bédard-Lazure-Roberts pointe du doigt les limites du modèle asilaire. Parmi les recommandations du rapport Bédard, on retrouve la reconnaissance des maladies mentales au même titre que les autres maladies, l’apport de services diversifiés en externe, la responsabilisation du patient dans sa réinsertion, la nécessité de faire campagne pour lutter contre la stigmatisation, autant d’idées avant-gardistes à l’époque.

Suite à ce rapport, une grande réorganisation des services de psychiatrie est entreprise au Québec, et Dr Dominique Bédard est nommé à la tête de la nouvelle Division des services psychiatriques du ministère.

 

La Tour – qui elle, n’a jamais été baptisée du nom d’un personnage illustre – a longtemps stimulé l’imaginaire de la population environnante. Abrite-t-telle toujours des monstres difformes, enfermés dans des cages ?  Les amateurs de sensations fortes seront déçus… Il s’agit simplement d’un château d’eau, fruit de l’ingéniosité des Sœurs de la Providence pour augmenter la pression dans les canalisations et arroser les cultures maraîchères sur le terrain. Lors de sa construction en 1897, les Sœurs demandent à l’architecte de lui donner l’allure d’une vraie tour avec son toit pointu et ses larges fenêtres. La Tour compte huit étages, renferme un réservoir de 100,000 gallons, utilisé aujourd’hui pour le système de chauffage. Elle reste le symbole de l’autosuffisance de la « ville » qu’était Saint-Jean-de-Dieu et donne tout son caractère au site.