Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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État des lieux sur l'ECT

Le Bureau d’information et d’études en santé des populations (BIESP) de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), en collaboration avec le CEECTQ, vient de publier une brochure sur le profil d’utilisation de l’ECT au Québec de 1996 à 2013.


Contexte 

 Dès 1938, l’ECT a massivement été utilisée avant d’être décriée dès l’avènement des psychotropes au cours des années 1960. Sous l’influence de l’opinion publique, de la découverte des psychotropes, des impacts de l’administration non réglementée de l’ECT, son déclin s’est poursuivi jusqu’aux années 1980, et ce, dans le monde entier. Depuis, les tendances divergent selon les pays. Au Québec, les données issues de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) ont permis à l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’interventions en santé (AETMIS, maintenant l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux, INESSS), de dresser un premier portrait de cette thérapie.

Ce même rapport de l’AETMIS, publié en 2002, formulait sept recommandations pour mieux encadrer l’ECT au Québec. Afin d’assurer le suivi de cette pratique, l’élaboration de registres hospitaliers assurant la collecte des données relatives à l’utilisation de l’ECT dans l’ensemble du Québec fut alors recommandée. Ensuite, un centre d’étude et d’expertise, le Centre d’excellence en ECT du Québec (CEECTQ) a été créé en 2012, grâce à la collaboration et le financement public des Instituts universitaires en santé mentale de Montréal (IUSMM) et de Québec (IUSMQ). 

Dans ce contexte, le Bureau d’information et d’études en santé des populations (BIESP) de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le CEECTQ ont réalisé la présente étude de faisabilité portant sur le suivi de l’ECT au Québec basée, non pas sur les registres des établissements, mais sur le jumelage de fichiers médico-administratifs québécois. 


Quelques faits 

  • Cette étude portant sur le suivi de l’ECT dresse un portrait détaillé de l’utilisation de cette thérapie au Québec de 1996 à 2013. Pendant cette période, 804 personnes en moyenne par année ont reçu de l’ECT au Québec.?Cette étude portant sur le suivi de l’ECT dresse un portrait détaillé de l’utilisation de cette thérapie au Québec de 1996 à 2013. Pendant cette période, 804 personnes en moyenne par année ont reçu de l’ECT au Québec.
  • Au Québec, l’ECT est encore un traitement d’exception dont l’utilisation est conforme aux normes de pratiques cliniques énoncées dans les lignes directrices internationales. Par exemple, sur les 900 000 personnes traitées pour troubles mentaux chaque année au Québec, 0,08 % d’entre elles auraient reçu de l’ECT.
  • Le recours à cette thérapie est en constante diminution :
    • L’usage de l’ECT a baissé de 30 % de 2002-2003 à 2012-2013, autant chez les hommes que chez les femmes de tout âge;
    • Cette diminution est plus marquée dans les groupes dont la prévalence du recours à l’ECT est la plus élevée, à savoir chez les femmes et chez les personnes âgées de 65 ans et plus.
  • L’ECT a été plus fréquemment administrée chez :
    • les femmes et les personnes âgées de plus de 65 ans, reflétant l’incidence relative de la dépression majeure et la complexité de la situation clinique pour ces populations spécifiques;
    • les personnes souffrant de troubles affectifs, telle que la dépression majeure, constituent les trois quarts des individus ayant recours à l’ECT.
  • En moyenne, chaque personne a reçu 9,7 séances d’ECT par année, soit 7,5 séances aiguës et 2,2 séances supplémentaires, appelées séances d’entretien. L’administration d’ECT en phase aiguë a sensiblement diminué durant cette période, contrairement à l’ECT d’entretien qui a augmenté.
  • Les disparités régionales et le nombre de séances d’ECT données par les médecins-psychiatres posent toutefois certaines questions importantes telles que l’adéquation de l’utilisation de l’ECT et le maintien de la qualité des services. Ceci souligne la nécessité de mettre en place un système de suivi plus élaboré sur la qualité des soins et des services d’ECT dans l’ensemble de la province du Québec.

Sources

  • Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).  Profil d’utilisation de l’électroconvulsivotherapie au Québec. Auteurs : Lemasson M, Patry Simon, Rochette Louis, Pelletier Éric, Lesage Alain. Montréal. INSPQ, 2016. 18p. (PDF)
  • Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS). L’utilisation des électrochocs au Québec. Rapport préparé par Reiner Banken. (AETMIS 02-05 RF). Montréal : AETMIS, 2002, xvii-103 p. (PDF)