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Comment prévenir le risque de dépression post-partum?

06 janvier 2015

Comment améliorer les interventions auprès des femmes à risque de dépression durant et après la grossesse? C'est la question à laquelle a tenté de répondre une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) et de l’Université McGill en identifiant les facteurs qui peuvent augmenter le risque pour une nouvelle maman de souffrir de symptômes dépressifs. 

« Les symptômes dépressifs, bien que très souvent observés, sont peu traités chez les femmes enceintes » affirme Nancy Verreault, première auteure de l’étude et doctorante au Centre de recherche de l'IUSMM sous la direction du professeur André Marchand

« Peu de recherches ont évalué les facteurs qui augmentent le risque de symptômes de dépression durant et après la grossesse », explique l'étudiante du Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal.

Cette étude, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology, avait d'abord comme objectif de déterminer la prévalence de la dépression pendant et après la grossesse et ensuite d'identifier les facteurs de risque de dépression. Ainsi, 360 femmes ont été recrutées au Centre universitaire de santé McGill et à l’Hôpital Général Juif. Elles ont rempli plusieurs questionnaires évaluant leur niveau d’anxiété et de dépression durant le premier trimestre de la grossesse et trois mois après l’accouchement.

Résultats

Les chercheurs ont observé une prévalence de 28,3% des symptômes dépressifs durant la grossesse chez les participantes à l'étude. De plus, les facteurs qui augmentent le risque de dépression pré-partum sont :

  • l’appartenance à une origine autre que caucasienne;
  • un niveau d’anxiété élevé;
  • des antécédents de problèmes émotionnels et d’abus sexuels;
  • le fait d’avoir vécu un événement stressant lors des six derniers mois.

L'équipe a également noté que la prévalence des symptômes dépressifs trois mois après l’accouchement était chez les femmes de 16,4%. Parmi les femmes qui souffraient de dépression post-partum, 6,6% n’avaient aucun antécédent de dépression. Parmi les facteurs qui augmentent le risque de symptômes dépressifs après l’accouchement, on note :

  • le manque de soutien social;
  • un accouchement plus difficile. 

« D’autres facteurs de risque tels qu’une humeur dépressive évaluée pendant la grossesse permettraient aussi d’identifier les femmes qui sont susceptibles de développer une dépression post-partum », poursuit André Marchand, chercheur à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal et coauteur de l'étude.

« Ces résultats pourraient nous aider à améliorer les interventions auprès des femmes à risque de dépression durant et après la grossesse. Il existe déjà des méthodes thérapeutiques prometteuses auprès de ces populations qui demandent à être confirmées », conclut Deborah Da Costa, professeure agrégée au Département de médecine de l’Université McGill et également coauteure de l'étude.

À propos de l’étude

Référence : Verreault, N., Da Costa, D., Marchand, A., Ireland, K., Dritsa, M., & Khalife, S. (2014). «Rates and risk factors associated with depressive symptoms during pregnancy and with postpartum onset». J Psychosom Obstet Gynaecol, 35(3), 84-91.

Lire le communiqué (PDF)

Renseignements

Catherine Dion
Service des communications
Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Tél. : 514 251-4000, poste 2986
Cel.: 514 235-4036
catherine.dion.iusmm@ssss.gouv.qc.ca