Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Délinquance : comment prévenir efficacement la récidive ?

01 octobre 2015

Deux chercheurs du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale (CIUSSS de l’Est de l’Ile de Montréal) viennent d’éditer un numéro spécial sur les moyens de prévenir efficacement la récidive de personnes incarcérées en France.

« Prévenir la récidive nécessite d’évaluer le niveau de risque des personnes placées sous main de justice (PPSMJ) afin de proposer une intervention adaptée, permettant une diminution significative du risque de récidive », déclare Jean-Pierre Guay, l’un des coéditeurs et chercheur au Centre de recherche de l’IUSMM et à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.

Il s’agit ainsi de mettre en place une évaluation qui permette d’identifier :
- les vulnérabilités
- les ressources des PPSMJ et
- les facteurs qui permettraient de prévenir la récidive.

« Compte tenu de la complexité de cette mission, la prévention de la récidive demande l’implication de nombreux acteurs, présentant des compétences variées: magistrats, experts psychiatres et/ou psychologues, conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, professionnels de la santé, ou encore médecins coordonnateurs ».

En février 2013, une conférence de consensus sur la prévention de la récidive a été organisée par le ministère français de la Justice afin entre autres de mettre en place des programmes d’intervention et d’intégrer des pratiques fondées sur les données probantes.

Les pratiques fondées sur les données probantes réfèrent généralement à l’utilisation des meilleures connaissances selon des critères scientifiques rigoureux, afin de prendre des décisions sur la manière d’intervenir auprès des personnes de manière appropriée.

« En matière de prévention de la récidive, les données de la littérature scientifique suggèrent fortement qu’il est possible de réduire le risque de récidive, en proposant une stratégie efficace de réinsertion sociale. Elles mettent également en lumière l’échec des politiques répressives axées sur la généralisation des condamnations en milieu fermé et le recours à des sanctions pénales alourdies », déclare Massil Benbouriche, coéditeur et doctorant à l’École de criminologie de l’Université de Montréal.

« Bien que souvent difficiles à soutenir auprès de l’opinion publique, des peines plus lourdes, et « davantage de prison » n’amènent pas moins de délinquance. Pour être efficace, une politique de prévention de la récidive doit être une politique explicitement axée sur la réinsertion sociale des PPSMJ », poursuit-il.

Composé de 5 articles, ce numéro thématique aborde tant la question des modèles d'intervention(s) que celle de l'évaluation du risque de récidive, ou encore certains des enjeux entourant l'implantation de ces pratiques en France.

RéférenceBenbouriche, M.Guay, J.P. (Eds., 2015). La prévention de la récidive en France: Les principes d'une évaluation et d'une intervention efficaces. Numéro spécial, Pratiques Psychologiques, 21(3), 213-304.

À propos des auteurs

Massil Benbouriche est étudiant au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et doctorant à l’École de criminologie de l’Université de Montréal.

Jean-Pierre Guay est professeur agrégé à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, chercheur régulier au Centre de recherche de l’institut universitaire en santé mentale de Montréal et à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.