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Évaluer le potentiel des enfants autistes en se basant sur leurs forces

24 mars 2015

Il est possible de mieux évaluer les enfants autistes qui utilisent peu ou pas le langage verbal, en ayant recours à des tests faisant appel à leurs forces cognitives, conclut une étude publiée par des chercheurs de l’Hôpital Rivière-des-Prairies (HRDP) et de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM).

«Certains enfants autistes sont considérés comme de « bas niveau » car ils ne peuvent pas se soumettre à des tests qui évaluent leurs capacités de intellectuelles», déclare Isabelle Soulières, chercheure à HRDP et professeure au Département de psychologie à l’Université du Québec à Montréal.

«Ces enfants utilisent peu ou très peu le langage verbal. Cette incapacité à communiquer verbalement peut nuire à leur compréhension des consignes et les empêcher de donner les réponses appropriées aux questions des tests traditionnellement utilisés. Nous avons donc utilisé des tests adaptés à leur situation afin de favoriser une évaluation plus juste de leur potentiel » explique madame Soulières.

Trente enfants autistes utilisant peu ou pas le langage verbal ont ainsi été évalués à l'aide de deux tests perceptifs et du test d'intelligence non verbal des matrices progressives de Raven.

Résultats

Dix-sept des trente enfants autistes ayant participé à l’étude ont obtenu des résultats semblables à ceux d’enfants au développement typique du même groupe d’âge et qui ont un potentiel intellectuel dans la norme.

Un autre aspect intéressant de cette étude est que les participants ayant obtenu de bonnes performances aux tests perceptifs sont aussi ceux qui ont bien réussi les matrices progressives de Raven. L’association entre ces tests suggère que les bonnes habiletés perceptives des enfants autistes seraient reliées à de bonnes capacités de raisonnement.

«Cela remet en question plusieurs idées, dont celle que les habiletés des autistes sont en fait des capacités isolées sans réelle utilité», explique Valérie Courchesne, doctorante et première auteure de l’étude. «De plus, le niveau de fonctionnement apparent d’un enfant autiste (par exemple un enfant qui ne parle pas) peut souvent cacher un potentiel intellectuel plus élevé qu’on pourrait le croire».

En conclusion, les chercheures indiquent qu'au niveau clinique leurs résultats mettent l'emphase sur le fait que des tests basés sur les forces cognitives doivent compléter l'évaluation de l’enfant autiste. L’identification de ces forces constitue une première étape essentielle pour que les enfants autistes puissent bénéficier de conditions d'apprentissages qui leur permettent de développer leur plein potentiel.

Source : Courchesne, V., Meilleur, A.-A. S., Poulin-Lord, M. P., Dawson, M. & Soulières, I. (2015). Autistic children at risk of being underestimated: school-based pilot study of a strength-informed assessment. Molecular Autism. 6:12. doi:10.1186/s13229-015-0006-3

Communiqué (PDF)

Information

Catherine Dion
Département des communications – Institut universitaire en santé mentale de Montréal
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