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Faciliter l’intégration des meilleures pratiques psychosociales en psychiatrie

21 juillet 2014

Une revue de littérature a été réalisée par Catherine Briand, chercheuse au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, sur la manière de faciliter l’intégration des meilleures pratiques psychosociales (pratiques basées sur des données probantes - PBDP) en milieu psychiatrique.

Les PBDP sont définies comme « l’utilisation consciencieuse, explicite et judicieuse des meilleures et récentes connaissances scientifiques lors de la prise de décision concernant les soins d’un client1 ». 

Pour cela, la chercheuse et son collègue Matthew Menear de l’Université de Montréal, ont sélectionné 107 articles et identifié des problèmes qui peuvent constituer un frein à l’application ou l’implantation des meilleures pratiques. 

En voici les principales :

  • L’évidence
    L’évaluation des interventions reste évidemment le problème majeur, en particulier la mesure de leurs retombées. Un suivi et une évaluation régulière des PBDP sont nécessaires.
  • Complexité et climat favorable au changement
    Toutes nouvelles interventions nécessitent une modification de ses pratiques et des changements au sein de l’organisation et des services. Des mécanismes de soutien et du temps de réflexion sont nécessaires pour saisir toutes les complexités de l’intervention et, permettre le changement et l’amélioration continue des pratiques.   
  • Adaptabilité
    Les fournisseurs de soins peuvent parfois percevoir les nouvelles interventions comme trop rigides et ne pas apprécier leurs avantages potentiels. Les PBDP les plus intéressantes permettent un certain niveau d’adaptabilité au contexte et à la clientèle. 
  • Coûts
    Les coûts afférents à la mise en place de certaines PBDP sont parfois considérés élevés, comparés aux coûts reliés aux services traditionnels.
  • Incertitudes aux changements
    Certains soignants se montrent réticents face aux changements. Certains sentent une pression à l’idée de devoir développer de nouvelles habitudes et habiletés et ce, en particulier dans des contextes non favorables de surcharge de travail et de coupure budgétaire.
  • Autonomie
    Certains soignants craignent de perdre leur autonomie professionnelle et leur façon de concevoir les soins centrés sur une approche plus humaniste (c’est-à-dire moins scientifique).

Il existe des facteurs qui peuvent faciliter au contraire l’accès aux PBDP :

  • Un engagement des autorités et décideurs dans le domaine de santé mentale.
  • La défense des intérêts des patients de la part des fournisseurs de services et des familles de patients. 

« Les systèmes de santé mentale modernes sont en train de réduire le décalage entre ce qui est admis comme efficace et les services qui fournissent des soins traditionnels », déclare Catherine Briand, chercheuse principale et directrice du Centre d’études sur la réadaptation, le rétablissement et la réinsertion sociale (CÉRRIS).

« La mise en œuvre de ces PBDP doivent faire l’objet d’un engagement de tous les intervenants afin de réduire les inégalités dans les services de soins en santé mentale », conclut-elle.

1 Sackett et al, 2000.

Menear M et Briand C (2014). Implementing a continuum of evidence-based psychosocial interventions for people with severe mental illness: Part 1 – Review of major initiatives and implementation strategies. Canadian Journal of Psychiatry, 59(4), avril 2014.

Briand C et Menear M (2014). Implementing a continuum of evidence-based psychosocial interventions for people with severe mental illness: Part 2 – Review of critical implementation issues. Canadian Journal of Psychiatry, 59(4), avril 2014.

Stéphane Bastianetto
Attaché à la direction et au transfert des connaissances
Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal