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Itinérance et santé mentale: mieux encadrer les familles

09 avril 2014

Cette étude a porté un regard sur les rôles et le soutien des familles de personnes en situation d’itinérance et atteintes de troubles mentaux.

Elle s’inscrit dans le cadre du projet Chez Soi et a été menée par Jean-Pierre Bonin, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, et Eric Latimer, chercheur principal du projet de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, en collaboration avec les chercheurs Jean-François Pelletier et Caroline Larue.

« L’itinérance a des répercussions considérables sur les familles qui ressentent un lourd fardeau et vivent des situations stressantes importantes. Sachant que la politique gouvernementale prévoit d’impliquer davantage les familles et de favoriser un traitement des individus dans la communauté, il est important de mieux soutenir les familles. »

Jean-Pierre Bonin


Des entretiens semi-dirigés d’une heure environ ont été réalisés auprès de 14 membres de familles. Ces membres ont été choisis de par le lien affectif qui les unit avec la personne en situation d’itinérance. Ces entretiens qualitatifs ont permis de saisir le sens que ces proches donnent à leurs actions et la façon dont ils vivent leur situation.

 

Résultats

Quels types de soutien sont offerts par les familles à leurs proches?

Le soutien émotionnel

L’aidant peut, par son écoute, apaiser une situation de crises, ou répondre aux besoins fondamentaux de l’itinérant (manger, dormir).

L’accompagnement social

Il se traduit par des contacts téléphoniques et des activités récréatives.

L’hébergement

Le soutien financier direct ou indirect (ex. fournitures de vêtements ou d’équipements nécessaires à la vie en logement)

Alors que le soutien émotionnel et l’accompagnement tendent de perdurer, l’hébergement et le soutien financier direct sont les formes de soutien les plus fréquemment interrompues.

 

Quels sont les facteurs qui soutiennent une redéfinition des rôles de l’aidant?

Le contrôle relationnel

Plus de la moitié des itinérants mentionnent que leur proche tente d’exercer un contrôle relationnel. Les aidants soulignent que l’objectif naturel de leur désir de contrôle est d’aider leur proche à se mobiliser.

L’émotivité

Garder un certain détachement semble permettre à l’aidant de se protéger et d’éviter de fragiliser sa propre situation.

La perception de l’avenir

Les aidants qui gardent espoir d’un rétablissement tendent à s’impliquer davantage.

« Préserver le lien est bénéfique pour la personne en situation d’itinérance, mais aussi pour la famille. Nous devons collaborer étroitement avec les familles, qui jouent un rôle primordial dans le rétablissement, la réadaptation et la réinsertion sociale de leur proche. »

Jean-Pierre Bonin

Projet Chez Soi

Projet multicentrique réalisé dans cinq villes canadiennes (Vancouver, Winnipeg, Toronto, Montréal et Moncton), fondé sur l’approche accordant la priorité au logement aux personnes en situation d’itinérance. Il vise notamment à améliorer la santé et le bien-être des itinérants et des personnes atteintes de maladies mentales.

 

Source : Bonin, J. P., Lacasse-Bedard, J., Latimer, E., Denis, V., Larue, C., Pelletier, J. F., & Goering, P. (2013). Le rôle des familles de personnes en situation d’itinérance et souffrant de troubles mentaux : un regard retrospectif et prospectif des liens. Sante Ment Que, 38(1), 143-163.