Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
À propos du CIUSSS
Accueil Plan du site Courrier Portail Québec
Taille du texte
AAA

Neurosciences, technologie et psychothérapie: un bon ménage dans le traitement des tics

18 novembre 2013

Une recension des écrits fait le point sur l’apport conjugué des neurosciences et de la psychologie clinique dans l’évaluation et le traitement du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT).

Elle souligne que les thérapies cognitives-comportementales conduisent à la fois à un mécanisme de compensation cérébrale – aussi appelé plasticité cérébrale – et à une diminution de la fréquence des tics chez les patients atteints de SGT.

 

Principaux points

  • Le SGT est, par définition, un défi multidisciplinaire qu’aucune approche seule ne peut cerner complètement. L’évaluation et le traitement nécessitent l'intégration des approches cognitives, comportementales, psychophysiologiques et neurobiologiques
  • La plasticité cérébrale apparente suite aux traitements, nous encourage à penser qu’il peut y avoir des conséquences comportementales et physiologiques même chez l’adulte
  • Un entraînement cognitif axé vers la planification motrice et l'inhibition peut venir en complément des interventions comportementales et pharmacologiques déjà en place pour aider les patients avec le SGT
  • Le traitement pourrait combiner les interventions pharmacologiques, psychophysiologiques et comportementales
  • L'ajout de remédiation cognitive à la thérapie cognitivo-comportementale peut produire des modifications des fonctions cérébrales
  • Les recherches futures devraient explorer le potentiel des thérapies cognitives et psychophysiologiques qui s’attaquent à des processus spécifiques chez les patients avec le SGT

« Il existe très peu d'études ayant examiné comment la fréquence des tics peut être grandement diminuée par une psychothérapie de type cognitivo-comportemental. 

De fait, nous pourrions très bien envisager que le psychologue du futur sera équipé de capteurs et d’instruments permettant d’enregistrer une multitude de paramètres physiologiques afin de modifier les tics, ce qui aurait un impact sur la plasticité cérébrale.

Ensuite, ces marqueurs physiologiques du succès thérapeutique pourrait être utilisés pour individualiser le traitement. »

Marc Lavoie
Auteur principal
Directeur du laboratoire de psychophysiologie cognitive et sociale
au Centre de recherche de l’Institut
Professeur-chercheur
au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal

Ce modèle d’intervention a été présenté au symposium de l’association canadienne pour la thérapie cognitivo comportementale (Association canadienne des thérapies cognitives et comportementales (ACTCC)) le 23 mai 2013 regroupant des professeurs en psychologie et des cliniciens provenant de tous le Canada.

Les travaux ont été financés par les Institut de recherche en santé du Canada par l'intermédiaire d'une subvention de fonctionnement octroyée aux chercheurs Marc Lavoie et Kieron O’Connor.
Pour rappel, le syndrome de Gilles de la Tourette est classé parmi les catégories des troubles de tics généralement diagnostiqués dès la petite enfance.

Il est caractérisé par la présence d’au moins deux tics tels que des contractions involontaires et répétitives des muscles allant de mouvements simples tels que des clignements des yeux, ou des mouvements plus complexes, tels que des sauts, des mouvements de jambes/bras, etc. Les symptômes sont les plus fréquents et les plus intenses entre l’âge de 10 et 12 ans, suivis d’une diminution progressive.


Source : Lavoie, M.E., Litwin, C., Zhang, B., Leclerc, J., O’Connor, K.P. Bridging Neuroscience and Clinical Psychology: Cognitive-Behavioural and Psychophysiological Models in the Evaluation and Treatment of Gilles de la Tourette Syndrome.  Neuropsychiatry, 3(1), 75-87.