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L'impact d'une discussion centrée sur le trauma sur la réactivité cardiovasculaire d'individus avec un ÉSPT

10 octobre 2014

Les personnes ayant développé un état de stress post-traumatique (ESPT), à la suite de l’expérience d’un événement traumatique, évitent systématiquement d’aborder, avec leurs proches, le sujet du trauma, ainsi que tout élément y étant associé. Cette forme d’évitement peut entraver le processus naturel de rétablissement.

Une discussion avec une personne proche et centrée sur l’ESPT peut être vécue comme étant anxiogène et, par conséquent, provoquer une augmentation dans les réponses physiologiques, telle la fréquence du rythme cardiaque. La réactivité cardiovasculaire à une telle situation dépendrait, entre autres, de l’intensité des symptômes de la personne avec un ESPT ainsi que de ses perceptions du soutien social de la part de son proche et/ou de son entourage.

Un total de 46 personnes avec un ESPT ont complété des entrevues diagnostiques et des questionnaires auto-rapportés concernant leurs symptômes ainsi que leurs perceptions des interactions avec leur proche et leur entourage. Elles ont également participé à une interaction sociale avec une personne proche et centrée sur leur ESPT, situation qui incluait également des mesures continues du rythme cardiaque.

Les résultats ont démontré que :
1. une interaction centrée sur le trauma avec une personne proche provoquait une augmentation significative de la fréquence du rythme cardiaque des participants.
2. Cette réactivité cardiovasculaire corrélait de façon significative et positive avec l’intensité de leurs symptômes d’ESPT, en particulier les symptômes d’évitement et de reviviscence (c.à.d. ré-expérience de l’événement traumatique).

« Les résultats ont permis de constater que les perceptions d’interactions sociales positives atténuent partiellement l’effet des symptômes d’évitement sur la fréquence cardiaque », explique Nadim Nachar, doctorant dans le laboratoire de Stéphane Guay et auteur principal de l’étude.

Enfin, les perceptions d’interactions sociales négatives étant quant à elles associées de façon significative et positive à cette réactivité (c.à.d., suivant un effet principal). Plus les personnes avec un ÉSPT percevaient les interactions sociales avec leur proche comme étant négatives, plus leur réactivité cardiovasculaire était augmentée lorsqu’ils étaient invités à discuter de leur trauma avec ce dernier.

« Nos travaux pourront également contribuer, entre autres, à faire connaître aux intervenants les types d'interactions sociales qui apporteraient un soutien et qui auraient des effets bénéfiques sur l'ÉSPT ».

Cette étude a été financée par une subvention de fonctionnement des IRSC (#79503). Nadim est étudiant boursier des IRSC

Le Centre d’étude sur la trauma a créé un site Web sur le l’état de stress post-traumatique : plusqu1souvenir.ca

Source : Nachar, N., et al., The effect of talking about psychological trauma with a significant other on heart rate reactivity in individuals with posttraumatic stress disorder. Psychiatry Research (2014),