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Schizophrénie : existe-t-il un déficit de la mémoire de travail ?

12 septembre 2014

Une méta-analyse, menée par une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, s’est intéressée aux déficits de la mémoire de travail – une forme de mémoire destinée à maintenir et traiter temporairement une information dans le cerveau – chez les patients atteints de schizophrénie.

« Les troubles de mémoire – dont la mémoire de travail - ont un impact important sur le fonctionnement social et professionnel des patients schizophrènes », souligne David Luck, chercheur au Centre de recherche de l’Institut.

 « Nous nous sommes intéressés à la mémoire de travail, et plus particulièrement au processus permettant d’associer plusieurs informations en mémoire. Ce processus - appelé binding de mémoire – permet par exemple de mémoriser l’association entre le nom d’une personne et son adresse ».

Dans la littérature, plusieurs études concluent à un déficit de binding en mémoire de travail dans la schizophrénie, alors que d’autres études aboutissent à la conclusion inverse.

Afin de déterminer s’il existe ou non un déficit spécifique de binding de mémoire dans la schizophrénie, les auteurs ont effectué une méta-analyse. Ils ont pris en compte les articles qui ont étudié la mémoire de travail chez les schizophrènes (SZ) sous deux conditions :

  • Le patient devait mémoriser une information seulement (condition contrôle).
  • Le patient devait mémoriser l’association de deux informations (condition de binding).

Résultats

Dix études ont été retenues par les chercheurs. Elles incluent 301 patients SZ et 237 participants contrôles.
Les patients SZ ont une moins bonne mémoire de travail que les sujets contrôles.
Les patients SZ n’ont pas de déficit spécifique pour mémoriser l’association de plusieurs informations par rapport à la mémorisation de l’information elle-même.

« Cette méta-analyse nous a permis de clarifier la littérature dans ce domaine et d’établir une base solide pour nos futures études », déclare Stéphanie Grot, étudiante en maîtrise dans le laboratoire de D. Luck et premier auteure de l’étude.


Source : Grot S, Potvin SLuck D. Is there a binding deficit in working memory in patients with schizophrenia? A meta-analysis. Schizophr Res. 2014 Jul 18. doi: 10.1016/j.schres.2014.06.012.

 

Stéphane Bastianetto
Attaché à la direction et au transfert des connaissances
Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal