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Réduire les tics en contrôlant mieux la tension musculaire?

22 décembre 2015

Se libérer des tics moteurs invalidants, c’est possible! Une étude porteuse d’espoir menée par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal montre qu’une nouvelle approche ciblant les mécanismes sensorimoteurs permet de diminuer de façon importante les symptômes associés aux tics moteurs. En clair, la connaissance des mécanismes qui sous-tendent la tension musculaire pourrait, à terme, se révéler un outil efficace pour contrôler ses tics.

Cette approche, appelée thérapie CoPs, est basée sur les résultats d’études comportementales qui ont montré que les personnes souffrant de tics avaient des problèmes pour planifier certaines tâches liées à des automatismes ce qui entraînaient une tension musculaire accrue, augmentant ainsi la sévérité des tics.

Cette thérapie se divise en 7 étapes : la  prise de conscience du tic, la discrimination musculaire (tension), la relaxation, le style de planification, la restructuration comportementale et cognitive, la généralisation des acquis et la prévention de la rechute. C’est une thérapie qui implique des exercices à faire à la maison.

«Nous avons observé un changement radical lorsque la tension musculaire des participants étaient diminuée,» explique Kieron O’Connor, psychologue et chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Bien que plus complexe, cette approche présente cependant plusieurs avantages. Notamment, elle fait prendre conscience aux patients qu’il ne faut pas « trop forcer » pour réduire l’apparition des tics, » affirme le professeur au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal. « De plus, cette approche est d’autant plus bénéfique que nous avons également observé une réduction marquée de l’impulsivité, du comportement perfectionniste et des troubles de l’anxiété et de l’humeur chez tous les participants. »

Dans les faits, l’équipe de chercheurs a constaté que cette difficulté à planifier certaines tâches n’était pas exclusivement liée à une hyperactivité, une impulsivité ou à un trouble des fonctions exécutives mais aussi à un comportement perfectionniste. Par exemple, une personne qui a des tics a de la difficulté à préparer un travail longtemps à l’avance, à déterminer les tâches prioritaires et se laisse facilement distraire par une tâche.

 « Dans le cadre de cette étude, nous avons ciblé les problèmes liés à la planification et à l’activation sensorimotrice qui accompagnait cette planification plutôt que de traiter de manière isolée les tics, » explique monsieur O'Connor qui dirige le Centre d'études sur troubles obsessifs-compulsifs et les tics. L’efficacité de cette approche est semblable et supérieure à celle obtenue avec d’autres programmes comportementaux.

Cette étude, menée auprès de 36 personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette et 49 participants aux prises avec des tics moteurs, visait à évaluer si une diminution de la tension musculaire peut atténuer la présence des tics. Les participants à cette étude devaient faire une évaluation de leur activité cérébrale pendant l’exécution d’une tâche motrice avant et après avoir assisté à 14 rencontres de thérapie psychophysiologique CoPs. Ils devaient également faire une évaluation neuropsychologique et compléter des questionnaires avant et après le traitement psychothérapeutique.

Prochainement, un essai randomisé permettra de comparer l’efficacité de cette approche avec un programme plus standard (Comprehensive Behavioral Intervention for Tics (CBIT)). 

Source : Source : Kieron O’Connor, Marc Lavoie, Pierre Blanchet and Marie-Ève St-Pierre-Delorme. Evaluation of a cognitive psychophysiological model for management of tic disorders: an open trial. The British Journal of Psychiatry (2015) 206, 1–8. doi: 10.1192/bjp.bp.114.154518
 
Ces travaux ont été financés par une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada


En savoir plus….
1% de la population est aux prises avec des tics moteurs caractérisés par des contractions involontaires et répétitives de muscles qui touchent au moins une partie du corps. Afin d’améliorer leur qualité de vie, les gens atteints peuvent suivrent un traitement pharmacologique pour réduire les tics et une thérapie cognitivo-comportementale pour développer des aptitudes pour contrôler ces tics. Mais aussi pour aider à vivre avec les dommages collatéraux, tels que l’anxiété sociale, l’estime de soi, la confiance…

Il existe peu de traitements comportementaux des troubles de tics, dont le principal est le Comprehensive Behavioral Intervention for Tics (CBIT) – qui se focalise sur les tics. Cette approche s’est montrée efficace chez les patients souffrant de tics chroniques ou de troubles de comportements compulsifs (ex. action de s'arracher la peau, se ronger les ongles).

Information
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