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Des avatars pour mieux comprendre les délinquants sexuels

31 juillet 2013

Une étude démontre que l’utilisation de personnages virtuels permet de mieux évaluer le comportement d’un agresseur sexuel face à des victimes potentielles. Elle permettrait également de mieux traiter ses déviances.

Cette découverte a été possible grâce à une approche novatrice mise au point par Patrice Renaud, en collaboration avec Jean Proulx, deux chercheurs du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, site de l’Institut Philippe-Pinel de Montréal (IPPM).

Cette approche a consisté à présenter à des agresseurs sexuels d’enfants des personnages virtuels 3D, nus et animés, représentant des adultes et des enfants. L’immersion virtuelle avec les personnages durait 90 secondes. Les réponses sexuelles des sujets étaient mesurées à l’aide d’un indicateur de l’excitation sexuelle ainsi que de la vidéo-oculographie. Cette technique, développée par le laboratoire Application de réalité virtuelle en psychiatrie légale de l’IPPM, enregistre les mouvements des yeux relativement aux objets virtuels, soit ici les parties du corps (visage, parties génitales) où se pose le regard de l’individu.

Résultats

Les agresseurs d’enfants ont présenté une dynamique perceptivo motrice (capacité de l'individu d'adapter ses mouvements physiques à l'information sensorielle reçue) distincte des sujets non déviants, notamment en fixant plus longtemps les parties génitales des personnages synthétiques. Cette différence s’est accompagnée par des réponses érectiles significativement plus importantes chez les agresseurs sexuels, lorsque des personnages virtuels correspondant à leurs préférences sexuelles leur étaient présentés.

« Cette technique immersive permettra de pallier certaines limites des méthodes actuelles d’évaluation des intérêts et préférences sexuels. »

Patrice Renaud, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et directeur du laboratoire Applications de la réalité virtuelle en psychiatrie légale de l’Institut Philippe-Pinel de Montréal

 

Source : Renaud, P., Chartier, S., Rouleau, J. L., Proulx, J., Goyette, M., Trottier, D., Fedoroff, P., Bradford, J. P., Dassylva, B., Bouchard, S. (2013). Using immersive virtual reality and ecological psychology to probe into child molesters' phenomenology. Journal of Sexual Aggression, 19(1), 102-120. 

Stéphane Bastianetto
Attaché à la direction et au transfert des connaissances
Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal