Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Troubles anxieux

Lorsqu'une personne vit de l’anxiété qualifiée d’anormale (ou pathologique), elle peut :

  • Être souffrante
  • Être vécue très intensément, très fréquemment (ou à des moments inappropriés)
  • Persister sans raison apparente, n’étant rattachée à aucune cause évidente ou identifiable
  • Devenir chronique et/ou entraver le fonctionnement de la personne ou voir même l’handicaper (par exemple occasionner des difficultés familiales, professionnelles et/ou financières)

 

État de stress post-traumatique

Phobie sociale

Phobie spécifique

Trouble d’anxiété généralisée (TAG)

Trouble de panique

Trouble obsessionnel-compulsif (TOCS) et 
les tics

Plusieurs questions à se poser

Comment distingue t-on l’anxiété normale et l’anxiété pathologique?

De quelle façon peut se manifester l’anxiété?

Quels sont les différents troubles anxieux?

De quelle façon les professionnels de la santé mentale diagnostiquent-ils la présence d’un trouble anxieux chez un individu?

Combien d’individus sont aux prises avec un trouble anxieux dans la population?

Une personne aux prises avec un trouble anxieux peut-elle s’en sortir?

Que faire dans le cas où un proche semble ou est aux prises avec un trouble anxieux?

Quelles stratégies peuvent être aidantes et adéquates de la part d’un proche pour une personne aux prises avec un trouble anxieux?

Quelles stratégies devraient être évitées par un proche d’une personne aux prises avec un trouble anxieux?

 

Comment distingue t-on l’anxiété normale et l’anxiété pathologique?

L’anxiété (normale ou saine) est définie comme étant une réaction émotive naturelle et essentielle, une réponse normale au stress quotidien, où il y a présence d’une certaine appréhension d’événements pénibles. La menace paraît donc plus diffuse, lointaine ou vague que dans le cas de la peur. L’anxiété sert généralement à orienter l’attention vers un danger ou une menace et peut ainsi préparer l’organisme à agir afin d’opérer un changement.

Celle-ci peut également améliorer la performance, motiver l’individu à se dépasser ainsi que servir de signal d’alarme lorsqu’il y a un danger et par le fait même, assurer la survie1. Toutefois, lorsque cette réaction persiste sans raison apparente et qu’elle cause certains problèmes dans le fonctionnement de l’individu, l’anxiété est alors qualifiée de pathologique.

De plus, d’autres critères doivent être analysés pour distinguer l’anxiété normale de l’anxiété pathologique tels que : l’intensité, la fréquence, la souffrance, le moment de son apparition, le sentiment de contrôle (ou non) sur les symptômes anxieux ainsi que la durée de ceux-ci1.

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De quelle façon peut se manifester l’anxiété?

L’anxiété peut se manifester de diverses façons. En effet, il est possible de classer ces manifestations en quatre catégories1 :

  1. les symptômes affectifs (peur, inquiétude, irritabilité, etc.);
  2. les symptômes physiologiques (étourdissements, palpitations, difficultés à respirer, engourdissements, etc.);
  3. les symptômes cognitifs (difficultés de concentration, peur de devenir fou, de perdre le contrôle, d’avoir une crise cardiaque, etc.);
  4. les symptômes comportementaux (agitation, évitement, attitude crispée, etc.).

Il appert important de noter que ces symptômes ne sont généralement pas tous présents en même temps ni dans chacun des troubles anxieux. En effet, une personne peut par exemple, ressentir uniquement que quelque-uns de ces symptômes à la fois. De plus, certains d’entre eux sont davantage typiques d’un trouble en particulier1.

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Quels sont les différents troubles anxieux?

Il existe six grands types de troubles anxieux soient :

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De quelle façon les professionnels de la santé mentale diagnostiquent-ils la présence d’un trouble anxieux chez un individu?

Lors d’entrevues cliniques et à l’aide de différents outils d’évaluation (questionnaires, grilles, etc), les professionnels de la santé mentale sont généralement en mesure de diagnostiquer un individu aux prises avec un trouble anxieux. À cet effet, la majorité des psychologues, psychiatres et médecins sont en mesure de dépister l’un ou l’autre des troubles anxieux ainsi que d'émettre un diagnostic. 

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Prévalence

Combien d’individus sont aux prises avec un trouble anxieux dans la population?

Il semble que l’anxiété anormale représente le problème psychologique le plus courant1. En effet, selon des statistiques récentes, de 10 à 15 % des personnes consultant un médecin généraliste souffrent de symptômes anxieux importants1. Par ailleurs, dans la population générale, 25 % des gens semble avoir vécu de l’anxiété intense à un moment ou à un autre de leur vie et environ 7,5 % de ceux-ci sont aux prises avec un trouble anxieux particulier1.

Tableau résumé

TABLEAUX DES TAUX DE PRÉVALENCE À VIE ET POUR 12 MOIS
Kessler & al. (1994).
Troubles Taux (%) à vie Taux (%) 12 mois
Trouble panique 3,5 2,3
Agoraphobie sans panique 5,3 2,8
Phobie sociale 13,3 7,9
ÉSPT 1 à 15,2 NA
Phobie spécifique 11,3 8,8
Trouble d’anxiété généralisée 5,1 3,1

Tout troubles anxieux confondus

24,9 17,2

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Traitements

Une personne aux prises avec un trouble anxieux peut-elle s’en sortir?

La littérature scientifique a démontré pour les troubles anxieux qu’il était possible pour un individu de diminuer certains de ses symptômes et de retrouver un fonctionnement social, personnel et interpersonnel satisfaisant et ce, parfois même sans traitement avec un professionnel. L’aide professionnelle devient importante lorsqu’une personne présentant des symptômes associés à un trouble anxieux voit son fonctionnement général affecté et/ou qu’une souffrance significative y est associée.

À l’heure actuelle, le traitement de choix pour l’ensemble des troubles anxieux, s’avère être la thérapie d’approche cognitivo-comportementale. Par ailleurs, il arrive fréquemment que des personnes aux prises avec un quelconque trouble anxieux prennent une médication. Pour de plus amples détails à cet effet, il est possible de consulter la section suivante : Pharmacothérapie.

 

Pour les proches

Certes, les troubles anxieux présentent fréquemment bon nombre d’impacts négatifs importants sur le fonctionnement psychologique et physique ainsi que sur la situation sociale, occupationnelle et économique des individus qui en souffrent (Gladis et al., 1999; Mendlowicz & Stein, 2000). Par ailleurs, les effets négatifs de ces troubles sur le fonctionnement de ceux qui en sont atteints ne sont pas sans conséquence pour les proches.

Les proches sont fréquemment témoins de divers comportements difficilement compréhensibles de la part de l’individu anxieux comme un évitement (par ex. refuser une invitation au restaurant), une fuite (p. ex. sortir en catastrophe d'une salle de cinéma), des rituels (par ex. vérifier à répétition si la porte de la maison est bien verrouillée), des demandes de réassurance (par ex. demander la même question plusieurs fois), une attaque de panique (par ex. avoir peur de mourir en entrant dans un avion), etc.

Initialement, les proches ont tendance à s’adapter aux diverses manifestations d’anxiété en modifiant certains des rôles qu’ils assumaient et en les ajustant en fonction des besoins de la personne avec le trouble anxieux. Toutefois, au fur et à mesure que le trouble anxieux se chronicise, des conflits et une atmosphère de tensions peuvent apparaîtrent. D’une part les proches peuvent devenir plus intolérants face aux manifestations d’anxiété et à la nécessité de devoir s’y adapter.

D’autre part, l’individu anxieux peut soit se sentir incompris et s’isoler ou tenter vainement de limiter les impacts négatifs du trouble sur son entourage. Dans ce contexte, les proches tentent habituellement d’aider la personne anxieuse au meilleur de leurs connaissances afin qu’elle retrouve un fonctionnement normal.

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Que faire dans le cas où un proche semble ou est aux prises avec un trouble anxieux?

Dans un premier temps, il est souhaitable d’encourager l’individu anxieux à suivre une thérapie en l’occurrence une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) puisque celle-ci s’avère plus efficace que les autres formes de psychothérapie pour le traitement de l’ensemble des troubles anxieux. De plus, il est possible pour les proches d’offrir un soutien aidant et adéquat.

Toutefois, offrir un tel soutien pose un défi particulier compte tenu que l’identification des comportements de soutien aidant, c’est-à-dire qui correspondent aux besoins des individus avec un trouble anxieux, ne sont pas évidents. En effet, certains comportements de soutien peuvent être perçus comme étant constructifs par les individus présentant un trouble anxieux parce qu'ils entraînent un diminution rapide de l'anxiété et des réactions physiologiques associées.

Or, plusieurs de ces comportements peuvent s’avérer contre-productifs parce qu'ils contribuent au développement ou au maintien du trouble en renforçant l’évitement et l’anxiété. Par exemple, un patient avec un trouble d’anxiété généralisée qui se fait fréquemment conseiller de manière rassurante par un proche au sujet de ses inquiétudes va généralement rapporter une impression positive de cette forme de soutien alors que la réassurance renforce l’intolérance à l’incertitude, une composante importante du trouble.

Il en va de même quand un proche modifie ses comportements en fonction du trouble (par exemple en accomplissant un rituel compulsif à la place de l’autre afin de lui éviter de « rester pris » avec ses doutes). Le proche peut aussi tenter de «sécuriser » l’individu anxieux en l’aidant de manière tangible comme par exemple en conduisant la voiture à la place d'un individu avec un trouble panique avec agoraphobie qui a peur de faire une attaque de panique et de s'évanouir au volant.

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Quelles stratégies peuvent être aidantes et adéquates de la part d’un proche pour une personne aux prises avec un trouble anxieux?

  • Se montrer empathique à la détresse vécue
  • Considérer la personne telle qu’elle est et l’aider à se définir autrement que par son trouble anxieux
  • L’encourager à chercher de l’aide professionnelle au besoin
  • Promouvoir des changements positifs tel que s’exposer graduellement aux stimuli phobogènes
  • S’informer sur les caractéristiques du trouble, son évolution et les traitements appropriés
  • Reconnaître et renforcer le moindre progrès, aussi petit soit-il
  • Évaluer un progrès selon la situation de l’individu et non selon un standard absolu (ex. absence de symptômes)
  • Diminuer les attentes durant les périodes de stress
  • Être flexible et essayer de maintenir un fonctionnement normal
  • Se donner le droit à l’occasion de se sentir impuissant et frustré
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Quelles stratégies devraient être évitées par un proche d’une personne aux prises avec un trouble anxieux?

  • Blâmer l’individu anxieux ou eux-mêmes pour le trouble
  • Critiquer la personne anxieuse dans sa façon de gérer ses difficultés
  • Minimiser l’importance des malaises psychologiques et physiques
  • Exiger de l’individu anxieux des choses qu’il a peur de faire
  • Inciter la personne anxieuse à éviter ou fuir une situation
  • Organiser leur vie uniquement en fonction du trouble anxieux
  • Prendre la responsabilité de la « guérison » du trouble anxieux
  • Abandonner les efforts pour aider la personne anxieuse à s’en sortir